Ci-dessus, p
4. Alba, ville du Montferrat à 40 kil. sud-ouest de Turin, sur le Tanaro. — San-Damiano-d'Asti, entre Alba et Asti.
5. Victor-Amédée P"" de Savoie, prince de Piémont (1587- 1637), marié en 1619 à Christine de France, sœur de Louis XIIL
6. François-Philibert Ferrero (1576-1629), prince de Masserano et marquis de Crevacuore, chevalier de l'Annonciade en 1608. S'étant déclaré pour les Espagnols, au moment où se posait la question de la succession de Mantoue, il eut ses terres et fiefs confisqués par le duc de Savoie. Crevacuore fut prise le 27 janvier 1617. A la fin de cette même année, le traité de
les villes de Masseran et de Grèvecœur^, dans la dernière desquelles il y avoit grand secours d'Espagnols; et en ces rencontres fut tué Don Sancho de Luna, gouverneur du château de Milan, et toute l'armée espagnole fut étonnée, et leurs partisans en Italie ne le furent pas moins. Mais nos troubles de France, qui contraignirent le maréchal de Lesdiguières de repasser diligemment en Dauphiné, coupèrent les ailes de cette bonne fortune, et non seulement l'empêchèrent de se porter plus avant, mais réduisirent premièrement le prince de Piémont à se mettre sur la défensive, puis encore à se défendre si malheureusement que sa ville de Verceil, qui fut assiégée sur la fin de mai par Don Pedro de Tolède, fut contrainte de se rendre le 25* juillet, ouvrant une porte aux Espagnols pour se promener à leur aise dans le Piémont.
Bien que cette ville fût bientôt prise, et ne durât que deux mois, on l'eût pourtant facilement secourue de France, si le duc de Montéléon^ n'eût donné à entendre
Pavie rétablissait le prince dans ses Etats. Accusé par ses sujets de nombreux assassinats, de fausse monnaie, de vols au préjudice des églises et des particuliers , Urbain VIII lui retira en 1629 l'administration de son fief, et la population détruisit le palais, saccagea les propriétés du prince. Celui-ci se retira à Fontaneto, auprès des Visconti, ses parents, et mourut le 15 septembre 1629.
1. Le marquisat de Masserano et le comté de Crevacuore en Piémont avaient été érigés le premier en principauté, le second en marquisat, le 13 août 1598, par le pape Clément VIII en faveur de François-Philibert Ferrero.
2. Le duc de Montéléon était ambassadeur d'Espagne. Déageant [Mémoires, p. 114) raconte que, sur son conseil, certains ministres, pour retarder l'envoi du secours à Verceil, avaient
qu'il ctoit expédient aux deux couronnes qu'elle fût prise, afin de rabattre l'orgueil du duc de Savoie qui vouloit aller du pair avec elles, promettant que le roi son maître la rendroit par la paix à l'intercession du Roi. Mais quand on vit qu'au lieu de la rendre ils vouloient encore étendre leurs conquêtes et faisoient contenance de vouloir assiéger Ast, le Roi commanda au maréchal de Lesdiguières de repasser les monts en diligence; il y envoya aussi le duc de Rohan et le comte de Sclionberg avec un régiment de lansquenets^ qu'il avoit levé contre les princes, et quantité de noblesse Françoise y accoururent de toutes parts, faisant, avec ce qu'avoit de troupes le duc de Savoie, dix mille hommes de pied et deux mille chevaux. Dès qu'ils furent passés, ils s'en allèrent à Ast, en résolution de déloger l'armée espagnole des postes qu'elle avoit à l'entour.
Le l^"" septembre, ils attaquèrent Felizan-, oii deux mille Trentins de ladite armée étoient logés et, nonobstant le secours qui y fut envoyé, le prirent de force le lendemain par le courage des nôtres, qui, craignant qu'on les voulût recevoir à composition, sans attendre le commandement de donner, franchirent le fossé, montèrent sur le rempart, taillèrent en pièces ce qui se rencontra devant eux et se rendirent maîtres de la place, en laquelle ils gagnèrent onze enseignes des ennemis. Le lendemain, ils surprirent un autre
fait croire au duc d'Angoulême, qui devait commander le corps français, que les fonds nécessaires à l'expédition faisaient défaut .