Le manuscrit B porte, par erreur, ensuite
notredit sieur et fils, dépendoit de notre perte, nous y consentirions, pour lui témoigner que nous l'honorons plus que nous ne nous aimons nous-même. Et, afin que cette déclaration puisse être notoire à un chacun, nous avons consenti • qu'il en soit expédié plusieurs copies, pour être publiées si notredit sieur et fils^ le désire. Fait à Blois, le 3® jour de novembre 1618. »
Tout cela ne suffit pas encore ; ils la veulent resserrer davantage et font dessein de la mettre dans le château d'Amboise. Ils le demandent ou^ le gouvernement de Normandie dont elle étoit pourvue^. On parle même de la faire entrer dans un monastère, et le sieur de Villesavin^, qui étoit l'un des siens, mais affidé à la faveur, lui propose d'y entrer de son mouvement.
Tant de mauvais traitements qu'elle n'eût jamais pensés lui en font encore attendre d'autres pires qu'elle ne se pouvoit imaginer, croyant que leur malice trouveroit tous les jours de nouveaux moyens de lui faire du mal, puisqu'ils lui en avoient déjà tant fait, dont il n'y en avoit point d'exemple en personne devant elle. En ces tristes attentes, sans espoir de mieux, elle passa le reste de l'année, sans autre compagnie que de ses larmes et soupirs.