Ces deux mots ont peut-éti*e été mis, sur le manuscrit B
ducs d'Épernon et de Bouillon étoient si mal ensemble qu'ils ne pouvoient prendre confiance l'un à l'autre; ils avoient si mauvaise opinion de Ruccellaï, tant parce qu'il étoit étranger qu'à cause de la légèreté, vanité et mauvaise conduite qu'il avoit témoignées en tous les lieux et en toutes sortes d'occasions, qu'ils ne vouloient prendre aucune confiance en lui. D'autre part, le duc de Bouillon ne faisoit jamais rien sans argent, et, qui plus est, le duc d'Épernon et lui en avoient besoin pour une telle entreprise ; la Reine n'en avoit point, tant parce que pendant sa régence elle n'avoit pas été fort soigneuse d'en amasser, que pour ce qu'elle avoit confié ce qu'elle en avoit mis à part, entre les mains de la grande-duchesse de Florence^, qui gouvernoit lors l'État de son fils^, qui étoit mineur; qu'elle % bien éloignée de la secourir du sien en une telle occasion, ne voulut jamais lui rendre deux cent mille écus qu'elle lui gardoit pour s'en servir à temps. Si les ducs de Bouillon et d'Épernon étoient en défiance de Ruccellaï, la Reine l'étoit encore davantage : ce qui l'obligea à les faire avertir qu'ils n'eussent aucune créance en ce personnage. S. M. en usa ainsi, non seulement pour éviter le dégoût de ces seigneurs, mais en out|?.e parce que le duc de Bellegarde, qui étoit à la cour, lui avoit écrit que cet homme se gou-
par Richelieu ou par le « secrétaire de la main », à la place de au, qui est également la leçon donnée par le document de la main de Cherré.
1. Christine de Lorraine, veuve de Ferdinand P'"de Médicis, grand-duc de Toscane (tome I, p. 14).