Lorsque a été ajouté en interligne sur le manuscrit B
2. On lit sur le document de la main de Cherré : Imprudent. C'est, semble-t-il, la bonne leçon, quoique le manuscrit B donne impudent.
3. Il s'appelait Lorme. Voyez Y Histoire de la vie du duc d'Épernon, par Girard, éd. 1663, t. II, p. 343.
4. Anne de la Marck, comte de Braine, premier écuyer de la reine Marie de Médicis de 1619 à 1620.
5. Jacques Ollier, conseiller au Parlement en 1595, maître des requêtes en 1617, entra au conseil de la Reine mère en 1625 et devint conseiller d'État en 1629.
Le duc de Bellegarde, sachant obscurément qu'il se faisoit quelque dessein pour la sortie de la Reine et que le duc d'Épernon y étoit mêlé, écrivit une lettre de six feuilles à S. M., par laquelle, après avoir dépeint le duc d'Épernon de vives couleurs, il concluoit que, si elle se mettoit entre ses mains, elle seroit plus prisonnière qu'elle n'étoit aux lieux où elle étoit; que son humeur tyrannique lui devoit assez faire connoître la vérité de son avis, sans qu'il fallût de grandes raisons pour lui prouver. Pour la détourner même de ce dessein, il lui offroit de la retirer en Bourgogne, dont S. M. ne fît pas de cas : elle connoissoit trop la jalousie en laquelle ce personnage s'est nourri toute sa vie, et l'envie qu'il a de la gloire d'autrui, voire même de celle à laquelle il n'est pas capable d'aspirer, pour ajouter foi à ses avis. Il est bien vrai qu'elle appréhendoit l'humeur du duc d'Épernon; mais elle étoit en un tel état qu'elle savoit bien que tout autre ^ lui seroit meilleur; elle savoit, en outre, très bien qu'encore que le duc de Bellegarde fût capable de lui offrir retraite, il ne l'étoit pas de se résoudre à la lui donner, beaucoup
mêmes faits assez difiFéremment : « Un des gens de M. du Buisson, conseiller au Parlement, qui avoit le secret de la Reine mère dans Paris, le rencontra (l'envoyé de Ruccellaï) par hasard dans les rues et en avertit son maître, lequel, ne doutant point de la trahison, puisqu'il n'étoit point allé chez lui comme il avoit accoutumé, fit une telle perquisition qu'il trouva enfin son logis ; et, lui ayant hardiment fait demander son paquet au nom de M. de Luynes et donner au même temps cinq cents écus, le retira et le fît tenir à la Reine; mais il n'arriva que comme elle étoit sur le point de partir. » i. Tout autre état.
moins de soutenir une telle action, quand même il la voudroit faire.
Gomme rien ne la détourna du traité qu'elle avoit fait pour se retirer à Angoulême, rien ne put divertir aussi le duc d'Épernon de partir de Metz pour la venir servir en cette occasion ^ Il y étoit allé^ dès l'année précédente sur des mécontentements imaginaires, mais en effet par la seule inquiétude de son naturel, qui ne peut supporter de voir personne au-dessus de lui, comme il témoigna assez, en ce que, peu auparavant son partement, rencontrant Luynes sur le degré du Louvre, il lui dit : « Vous autres, Messieurs, vous montez, et nous descendons. »
Il ne fut pas si tôt à Metz qu'il y fit des siennes et se comporta si violemment envers la justice que le président même fut contraint de s'en absenter. Le sieur Favier, maître des requêtes^, fut envoyé pour remédier à ces désordres, et quant et quant porter commandement au duc d'Épernon^ de ne point partir de Metz jusqu'à ce qu'il eût eu ordre exprès de S. M., qui prenoit le sujet des mouvements de Bohême pour
1. C'est ici que se termine l'emprunt fait au document écrit par Cherré (France 772, fol. 243-246 v°). Comme il est d'usage pour tout extrait devant entrer dans les Mémoires, le début et la fin en sont marqués respectivement par des lettres (en l'espèce A et B) ; les premiers mots à copier sont soulignés, les derniers sont isolés du reste du texte par un crochet.