Se rapportant à état et non à affliction
devois*, elle voulut, de son mouvement, donner le gouvernement d'Ansjers à mon oncle le commandeur de la Porte -et, quelque temps après, la charge de capitaine de ses gardes au marquis de Brezé^, mon beaufrère, moyennant trente mille écus que je payai au marquis de Thémines, qui avoit été fort bien reçu du côté du Roi.
Tous ces malheurs passés, la Reine m'envoya à Tours pour préparer son entrevue avec le Roi*. Elle n'eut pas peu de peine à se résoudre à ce voyage; le traitement qu'elle avoit reçu, la continuation qu'il lui sembloit voir de mauvaise volonté envers elle, la crainte de s'aller mettre dans les ceps ^ et en la puissance de ses ennemis la tenoient en une grande irrésolution si elle devoit aller trouver le Roi.
Luynes, incontinent que le Roi fut arrivé à Tours, lui écrivit *" par le prince de Piémont, qui l'alloit trou-
1. Les mots : je ne pouvais lui rendre le service que je devois, ont été écrits en marge du manuscrit B par Charpentier. Ils avaient déjà été ajoutés en interligne, par Sancy, sur le document de la main de Cherré; Sancy avait mis : je ne lui pouvais rendre.
2. Amador de la Porte, fils de François de la Porte, était commandeur de l'ordre de Malte et grand prieur de France. Nommé gouverneur d'Angers en 1619 et du Havre en 1626, il fut envoyé en 1633 comme lieutenant de Roi en Aunis et mourut le 31 octobre 1644.
3. Urbain de Maillé, marquis de Brezé, épousa en 1617 Nicole du Plessis-Pvichelieu, sœur du Cardinal, devint maréchal de France en 1632 et mourut en 1650.
4. Ici s'arrête l'emprunt de dix-sept pages et demie fait au document écrit par Cherré (Aff. étr., France 772, fol. 263).
5. C'est-à-dire dans les chaînes de ses ennemis (ci-dessus, p. 325).