C. Ecrivit à la Reine mère. — Une analyse de cette lettre
ver à Angoulême, que, sur la parole du P. de Bérulle, il hasardoit la très humble supplication qu'il lui faisoit de vouloir prendre assurance en son très humble service et en recevoir les oftres qui lui ctoient dues, et que le Roi lui avoit non seulement permis, mais commandé de lui faire ; et que, si elle les avoit agréables, il exposeroit sa vie pour elle, tant à raison de ce qu'elle est que pour avoir commencé et beaucoup avancé sa fortune, qui l'obligent à ne l'oublier jamais, laissant le plus important à ce bon Père pour le lui faire entendre ^ .
La Reine ne manqua pas de correspondre à ses honnêtes offres, lui mandant qu'elle recevoit d'autant plus volontiers les assurances qu'il lui donnoit de son affection qu'il les lui faisoit en intention de les confirmer par effet auprès du Roi^; qu'elle étoit bien aise
ainsi que de quelques-unes de celles qui sont mentionnées plus loin, se trouve aux Affaires étrangères, France 772, fol. 186. Le document, de la main de Charpentier, porte des renvois indiquant qu'il a servi à la composition des Mémoires. Ces analyses de lettres sont désignées ainsi par Sancy sur un des feuillets : « Extrait des lettres écrites à Angoulême depuis le traité. 1619. » Sancy ajouta ces mots : « Pour la feuille seconde. 1619. »
1. Cette lettre est du 31 mai. Charpentier en a écrit l'analyse suivante, qui n'est pas exactement reproduite par les Mémoires : « Il lui demande permission que tout ce qu'il a omis, crainte de lui déplaire, il lui puisse offrir, croyant lui agréer; qu'il a hasardé cette supplication sur la parole du sieur de Bérulle et sur l'assurance qu'elle ne doit refuser les offres qui lui sont dues et que le Roi ne lui a seulement permis, mais expressément commandé; que s'il reconnoît que S. M. ne soit importuné de ses lettres, il exposera sa vie pour elle... » Le reste de l'analyse a été textuellement donné par les Mémoires.
qu'il reconnût l'inclination qu'elle avoit eue de longtemps à son bien, de laquelle il se pouvoit promettre la continuation et faire état de sa bienveillance, qu'elle lui promettoit de nouveau ; qu'il devoit vi\Te en cette créance très véritable, puisqu'elle lui étoit assurée par une princesse, dont la parole est inviolable, et qu'elle faisoit état d'aimer toujours ce que le Roi honorera de son affection*.
Quelque temps après, le Roi lui écrivit-, la priant de le venir voir, et lui envoie le duc de Montbazon pour ce sujet. Le sieur de Luynes l'assure qu'elle sera très bien traitée. Elle remercie le Roi de la faveur qu'il lui plait lui faire de désirer la voir et lui mande le désir qu'elle a aussi de jouir de sa vue, mais le supplie trouver bonne la prière qu'elle a faite à M. de Montbazon, qu'auparavant que de penser à ses contentements, elle procure qu'il plaise au Roi pourvoir à ce qui concerne ceux qui l'ont assistée, ainsi qu'il lui a plu lui promettre et que sa conscience et son honneur l'y obligent^.
Charpentier (Aff. étr., France 772, fol. 186). Il est à remarquer que le texte des Mémoires et celui de V « Extrait » diffèrent seulement par le style; les Mémoii'es parlent au passé, r « Extrait » au présent.
1. Cette fin de paragraphe est tirée de la suite du même « Extrait ». Sancy a mis les phrases de ce document au passé, faisant les corrections sur la pièce même et indiquant, par les signes habituels, que le passage ainsi corrigé devait entrer dans les Mémoires, ce qui n'avait pas été fait pour la première partie de F « Extrait ».
2. La lettre du Roi, portée par le duc de Montbazon à la Reine mère, était du 17 juillet. Elle a été imprimée dans le Mercure françois, t. VI, année 1619, p. 299.