Voyez tome I, p. 222 et suivantes
n'ayant pu surmonter l'opposition des ministres en l'esprit de la Reine, Monsieur le Prince s'étoit déclaré leur ennemi, nonobstant tous les bons offices qu'il avoit reçus d'eux ; outre que la posture en laquelle ils étoient d'étrangers et favoris de la Reine, noms qui sont d'ordinaire l'objet de la haine des peuples, les rendoit à Monsieur le Prince le plus spécieux et presque l'unique prétexte de prendre les armes contre l'autorité du Roi, sous couleur de la vouloir maintenir.
Mais, soit qu'ils eussent peu de jugement, qu'ils fussent prévenus, ou que leur mauvaise fortune les entraînât dans la ruine, ils ne s'aperçurent point de leur faute ; et, au lieu de demeurer entre Monsieur le Prince et l'autre parti, l'obligeant en choses justes sans desservir les autres, et demeurant par leur* faveur comme le lien de tous les deux, sans prendre parti et s'adjoindre ni à l'un ni à l'autre, ils se donnèrent à Monsieur le Prince, qui ne se donna pas à eux, et perdirent les autres qui, pour leur foiblesse ayant besoin d'eux, s'y désiroient plus fidèlement tenir unis. Ils allèrent même jusques à cet excès vers Monsieur le Prince, qu'ils crurent tellement qu'il leur suffisoit de l'avoir ami, qu'ils méprisoient même ceux qui étoient de son parti et dédaignoient de les entretenir, dont le duc de Bouillon ne se put tenir de se plaindre à Barbin, qui, étant homme de bon jugement, leur en dit son avis, mais en vain^.