C'est-à-dire ne manquèrent pas d'appui
2, La répugnance marquée ici par Richelieu à laisser la Reine mère s'engager dans la voie qui devait aboutir à la « drôlerie » des Ponts-de-Cé est confirmée par la lettre suivante qu'il écrivait, le 2 août 1620, la veille de la bataille, à l'un de ses confidents, l'archevêque de Toulouse, depuis cardinal de la Valette : « Le Roi est au Mans avec ses troupes et fait état de nous venir épousseter comme il faut. Toute l'espérance de traiter est rompue; ces Messieurs n'en veulent point ouïr parler. En cette extrémité, nous sommes résolus de faire ce que doivent faire des gens à qui la nécessité apprend à se défendre » (Avenel, t. I, p. 653). Certains contemporains, et notamment le duc de Luynes, accusaient au contraire Richelieu d'entretenir les dissentiments qui existaient entre le Roi et sa mère et de pousser celle-ci aux violences.
détournoient d'aller trouver le Roi que de faire valoir mes raisons ; ce que je fis cependant avec ce tempérament que je suppliai la Reine d'envoyer recevoir les avis des personnes affectionnées à son service avant que prendre une dernière résolution.
Au même temps, on fait des chevaliers du Saint- Esprit sans lui en donner aucune communication que le nombre n'en soit arrêté*; on lui envoie M. de Tarajet, le T décembre, pour lui en porter les noms; non seulement n'en reçoit-on aucun à sa recommandation, mais ceux qui n'ont pas perdu entièrement le respect dû à la mère de leur maître en sont éloignés. On en rejette même qui ont été nommés du feu Roi, parce qu'on ne les croit pas ses ennemis : avoir juré sa ruine, c'est la meilleure preuve de noblesse, c'est avoir les conditions requises.
A l'instant qu'on a commis cette action de mépris, on lui en fait des excuses; mais il parut incontinent qu'elles étoient faites avec plus d'artifice que de regret; car deux de ceux qui étoient nommés s' étant trouvés malades, on en choisit deux autres, savoir est le sieur de Valençay- et le sieur de Saint-Chamond^, sans lui en donner avis ni liberté de remplir leurs places*.
1. La nomination avait été faite au chapitre de l'ordre, tenu le 5 décembre 1619 à Saint-Germain-en-Laye. La reine reçut cette communication avec dédain, dit Vittorio Siri [Memorie recondite, t. V, p. 70).