Au sens à' imputées
2. Ce paragraphe est emprunté à la déclaration royale du 9 novembre, imprimée dans le Mercure français, t. VI, année 1619, p. 337-340.
3. La déclaration fut vérifiée au Parlement le 26 novembre [Mercure français, p. 340).
Le Roi lui mande qu'il est fâché du déplaisir qu'elle a reçu des termes qui lui ont déplu dans ladite déclaration; qu'elle doit être fort éloignée de s'en croire offensée, puisque, lui étant obligé, comme il est, du soin et des peines qu'elle a prises en l'administration de ses affaires et, en faisant profession publique de le reconnoitre, l'ayant toujours louée et la louant encore aux occasions de son affection au bien de son État, il est certain qu'il n'y a personne en ce royaume qui en puisse avoir autre impression ; ce qui lui donne juste sujet de croire que Monsieur le Prince n'a nul dessein de lui déplaire; qu'il sait trop bien l'honneur et le respect qui lui est dû et combien il aura toujours agréable de le voir dans les mêmes sentiments que les siens.
En cette réponse, les intentions du Roi lui sont si favorablement représentées qu'il ne lui restoit rien à souhaiter, sinon qu'elles fussent aussi publiques qu'elles lui étoient particulières; mais, bien que la réparation ne fût pas égale à l'offense, elle ne laisse de voir que le cœur du Roi est bon pour elle.
De ce déplaisir je pris occasion de lui faire connoître combien sa présence étoit nécessaire dans la cour, les avantages que tiroient ses ennemis de son éloignement, et que, les inclinations du Roi étant bonnes pour elle, si elle avoit liberté de le voir, ceux qui lui veulent mal seroient contraints de céder aux efforts de la nature. Mais, bien que cette opinion fût la meilleure, elle fut peu suivie.
Ghaiiteloube, qui ne m'étoit point ami et qui étoit ennemi découvert de ce conseil, ne perdit point de temps à me donner de l'exercice. Chez lui étoit le
bureau des nouvelles, dont les moindres figuroient à la Reine le Roi irréconciliable, mettoient sa liberté en compromis et ne lui faisoient voir que mépris pour elle dans sa cour et salut dans les armes.
Ces raisons, qui ne manquoient pas d'apparence, n'eurent pas faute d'appui * ; elles furent soutenues des grands, qui espéroient de profiter des divisions publiques, et de mes ennemis, qui pensoient, par ce iiikoyen, me dérober la confiance de ma maîtresse, si bien que je fus, par prudence, contraint de revenir à leurs pensées, et, à l'imitation des sages pilotes, de céder à la tempête.
N'y ayant point de conseil si judicieux qui ne puisse avoir une mauvaise issue, on est souvent obligé de suivre les opinions qu'on approuve le moins ^. Je voyois bien qu'il y avoit beaucoup à espérer pour la Reine dans la cour, et rien dehors ; mais, parce qu'il y avoit beaucoup à craindre dans la puissance des favoris, j'aimai mieux suivre les sentiments de ceux qui la