A son insu
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une déclaration nouvelle qui, sans préjudicier à personne, fasse connoître à tout le monde que, par la déclaration faite en faveur de Monsieur le Prince, le Roi n'avoit pas entendu donner lieu de blâmer ses actions en l'administration de ses affaires, en étant très content et reconnoissant combien elle lui avoit été utile et avantageuse.
Au lieu de pourvoir à son contentement par ce moyen si raisonnable, on lui fait connoître clairement, par le refus, qu'on veut agrandir pour sa ruine celui qu'elle avoit abaissé pour la grandeur de l'État. On lui envoie le sieur de Brantes pour l'avertir que le Roi veut achever le mariage de Monsieur avec M"^ de Montpensier^ et faire celui de Madame Henriette^ avec M. le comte de Soissons.
La Reine répond qu'elle n'avoit rien à dire aux volontés du Roi, mais que, puisqu'il étoit question du mariage de ses enfants, où la nature lui donnoit un notable intérêt, elle savoit qu'il ne voudroit rien conclure qu'elle ne fût présente.
Il l'avertit encore de trois mariages qu'on propose : de M"® de Bourbon^ avec le fils aîné du duc de
1. Marie de Bourbon (tome I, p. 36) épousa, le 6 août 1626, Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, et mourut peu de temps après avoir donné naissance à la « Grande Mademoiselle ».
2. Henriette-Marie de France épousa, en mai 1625, le roi Charles P"" d'Angleterre.
3. Marie de Bourbon, fille de Charles, comte de Soissons, et d'Anne de Montafié, née le 3 mars 1606, épousa le prince Thomas de Savoie-Carignan le 6 janvier 1625 et mourut le 3 juin
Guise ^; de M"® de Luynes- avec son second^, et de M. de Mercœur'^, fils du duc de Vendôme, avec la fille ^ dudit duc de Guise.
La Reine écoute toutes ces propositions avec patience et se porte volontairement à souffrir ce qu'elle ne peut empêcher.
Elle le prie, à son retour, de tenir la main à ce qu'elle touche le paiement des deniers qui lui ont été prenais, à ce que les pensions que le Roi a accordées, à sa recommandation, à ses domestiques soient acquittées, à ce qu'au gouvernement de Metz il ne soit rien innové au préjudice du marquis de la Valette en la création de la justice'', mais surtout à ce qu'on lui accorde une déclaration qui fasse voir que, pour celle qui a été faite sur la délivrance de Monsieur le Prince, on n'a point entendu blâmer sa conduite.
1. François de Lorraine, prince de Joinville, né en 1612, mort sans alliance, le 7 novembre 1639, à Florence.
2. Anne-Marie d'Albert, promise en mariage au duc de Joyeuse en 1620, mourut sans alliance le 21 septembre 1646.
3. Henri de Lorraine, duc de Guise (1614-1664), fut archevêque de Reims en 1629 ; ayant pris part en 1641 à la conspiration du comte de Soissons, il fut condamné par contumace et résigna ses bénéfices. En 1643, il obtint des lettres d'abolition et il alla en 1647 faire à Naples une expédition militaire pour enlever ce royaume à l'Espagne et s'y créer un établissement.
4. Louis, duc de Mercœur (1612-1669), fils aîné de César, duc de Vendôme, porta le titre de duc de Vendôme après la mort de son père. Il épousa Laure Mancini, nièce de Mazarin, et, en 1657, à la mort de sa femme, embrassa l'état ecclésiastique; il fut nommé cai'dinal en 1667.
5. Marie de Lorraine, née le 15 août 1615, morte le 3 mars 1688 sans alliance.