‹ MémoiresChapitre 170 sur 172 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p

3. Le texte de cette lettre du duc de Bouillon au Roi a été imprimé dans le Mercure français^ p. 371 et suivantes.

rie, et que S. M. prendra un sage conseil s'il lui plaît moyenner la tenue d'une diète, où les rois et Etats non intéressés soient conviés d'intervenir par leurs ambassadeurs, pour, d'un commun consentement, juger les moyens qui seront les plus convenables pour ôter tous les prétextes des armes.

Mais S. M., ayant pitié de la religion qui couroit fortune de se perdre en toute l'Allemagne, ne jugea pas à propos d'user d'un si long circuit en cette affaire, mais trouva bon d'envoyer promptement une ambassade solennelle*, pour, par son entremise et autorité envers les princes et États intéressés, acheminer plus facilement toutes choses à un juste accommodement.

En cette année mourut la reine de la Grande-Bretagne^, qui faisoit profession secrète de la religion catholique, entendoit souvent la messe et fréquentoit les sacrements, sans que le roi son mari, qui en étoit bien averti, y apportât aucun empêchement. Dieu ne lui fit pas néanmoins la grâce d'avoir un prêtre pour se réconcilier avec lui en cette heure dernière, bien qu'elle en fût avertie et en eût la commodité; mais, s'estimant assez forte pour aller dans quelques jours

1. Cette ambassade partit le 6 mai 1620. Elle était composée du duc d'Angoulême et des sieurs de Béthune et de l'Aubespine, abbé de Préaux [Mercure français, t. VI, année 1620, p. 139 et suivantes).

2. Anne de Danemark, femme de Jacques P' d'Angleterre, mourut au mois de mars 1619 [Mercure français, p. 244 et suivantes). On a vu, ci-dessus, p. 356, qu'on avait conseillé à Marie de Médicis de négocier son propre mariage avec le monarque veuf.

à Londres, de Greenwich où elle étoit, la mort la prévint. Elle étoit princesse courageuse, qui, si elle eût vécu, eût reçu avec grand contentement la nouvelle de l'assomptiçn de sa tille* à la dignité royale, mais avec un bien plus vif ressentiment de douleur celle de la mauvaise issue de sa prétendue royauté^.

Page 1