Allusion au jeu de trente-et-un
2. Voyez les Mémoires d'Estrées, p. 412-413. 11 semble que les Mémoires les aient utilisés.
3. Son entrée à Paris eut lieu le i*"^ août 1616. James Hay de Sawley fut ambassadeur du roi d'Angleterre à la cour de France en 1616, 1621, 1622 et 1624. Il fut créé vicomte de Duncaster en 1618, comte de Carlisle en 1622 et mourut en 1636. Personne, dit Clarendon, ne fit plus de dépenses pour ses habits et sa table. Voyez, dans le Mercure français, t. IV, année 1616, p. 149 et suiv., le récit de son entrée solennelle.
ils ne lui faisoient pas néanmoins part des conseils secrets, d'autant qu'ils avoientpeur qu'il les découvrit, sous espérance d'être assisté plus fortement de l'autorité de la Reine pour faire réussir son affaire de l'institution des chevaliers du Saint-Sépulcre, pai^ laquelle il se promettoit de se faire empereur de tout le Levant^.
Il vouloit démembrer de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem celui du Saint-Sépulcre 2, s'en faire grand maitre et espéroit, en ce faisant, aidé de quelques intelligences qu'il avoit en Grèce et de l'affection que tous les Grecs lui portoient pour ce qu'il disoit être descendu d'une fille des Paléologues^, mettre un nombre assez suffisant de vaisseaux sur mer pour s'emparer de quelques places fortes dans le Péloponèse et les défendre assez longtemps pour attendre le secours des chrétiens et pousser avec leur faveur ses progrès plus avant*.
Bien que cette entreprise fût mal fondée et sans
1. Les Mémoires de Richelieu et ceux de d'Estrées ne sont pas d'accord, sur les motifs qui tinrent éloigné de ces conférences secrètes le duc de Nevers : voyez les Mémoires d'Fstrées, p. 412-413.
2. Cet ordre, fondé en 1174 parle roi Henri II d'Angleterre, disparut au moment du schisme anglican, et ses biens à l'étranger furent attribués à l'ordre de Malte pour compenser ceux que celui-ci perdait dans la Grande-Bretagne.
3. Charles de Gonzague, duc de Nevers, était petit-fils de Frédéric II de Gonzague (1500-1540), duc de Mantoue, qui avait épousé, en 1531, Marguerite Paléologue, héritière du Montferrat et descendante, disait-on, des anciens empereurs de Constantinople.
4. M. Fagniez a consacré à ce projet de croisade un chapitre du tome I de son ouvrage le Père Joseph et Richelieu.
apparence à ceux qui étoient tant soit peu versés en la connoissance des affaires du Levant, néanmoins, comme les choses les moins raisonnables réussissent quelquefois et par le peu d'attention qu'on a souvent dans le conseil des grands rois à une affaire particulière, pour la multitude des autres qui tiennent les esprits occupés, le grand maître de Malte ^ eut crainte qu'il obtînt du Roi ce qu'il désiroit, et envoya une ambassade solennelle en France pour remontrer au Roi l'injustice de cette demande^.
Il représenta à S. M. que cet ordre étoit depuis cent vingt ans annexé au leur; que, si S. M. favorisoit en cela le duc de Nevers, les ordres militaires d'Espagne et d'Italie renouvelleroient les poursuites anciennes pour leur ôter semblablement les biens du Saint-Sépulcre qu'ils possèdent en leurs terres; que, bien que l'offre que faisoit le duc de Nevers fût sincère, ce qu'il ne croyoit pas néanmoins qui fût à l'avenir, qu'il se contentât du seul titre de la grande maîtrise dudit ordre, sans rien prétendre aux biens qui en sont unis à Saint-Jean de Jérusalem, cela n'étoit pas raisonnable, vu qu'elle fait partie de la dignité de leur grand maître, à la conservation de laquelle S. M. a intérêt, vu que, des sept langues qui composent le corps de l'ordre de Malte, trois sont françoises^, et la plupart