‹ MémoiresChapitre 38 sur 172 · Ibidem^ p · texte numérisé non relu

Ibidem^ p

5. Celui a été ajouté en interligne par Sancy sur le manuscrit B.

n'avoit eu désir de l'être; soit (|ue ce tut la première fois qu'ouvertement il avoit été du parti contraire à S. M. et qu'il perdoit la gloire, de laquelle il se vantoit, d'être toujours demeuré attaché à ses commandements; soit qu'il ne jugeât pas leur ligue, Monsieur le Prince étant pris, pouvoir subsister; soit qu'il regrettât de voir qu'il perdoit l'honneur de commander les armes de S. M. et se vît réduit dans un moindre parti à l'égalité avec beaucoup d'autres princes^ qui lui contestoient le rang 2.

Gela mettoit ces princes en peine et les faisoit méfier de lui. Pour essayer de le gagner tout à fait à eux, ils lui rendoient tout l'honneur qu'ils pouvoient et lui déféroient davantage qu'ils n'eussent fait sans cela, lui donnant lieu d'espérer qu'ils le reconnoitroient tous pour leur chef, fors M. de Longueville, qui y montra de la répugnance. Gela n'empêcha pas qu'ils ne prissent tous ensemble une résolution^ com-

1. On lisait d'abord sur le manuscrit B : et se vit réduit à un moindre parti, en égalité avec beaucoup d'autres princes. Sancy a fait la correction.

3. Les princes et grands conclurent alors une alliance dont l'acte est conservé aux archives des Affaires étrangères, France, vol. 770, fol. 188. Sur cette pièce figure la mention suivante : « Articles de l'union des princes rebelles, après la détention de Monsieur le Prince. Cette pièce est du tout nécessaire pour l'Histoire. » Les mots en italique sont de la main de Richelieu. Les autres sont de Sancy. L'abbé Le Grand qui, au début du XVIII* siècle, classait aux Affaires étrangères les papiers de Richelieu, a ajouté de sa main ces mots : « 1616. Minutes de l'acte d'association entre plusieurs princes et grands seigneurs du royaume, après que Monsieur le Prince fût arrêté. » Richelieu pensait que cette pièce devait être utilisée pour I' « Histoire », c'est-à-dire pour les Mémoires.

mune de faire, chacun de son côté, le plus de levées qu'ils pourroient, pour, dans douze jours après, se trouver aux environs de Noyon, où ils avoient assigné leur rendez-vous général, en dessein d'aller avec ces forces, qu'ils n'espéroient pas devoir être moindres de huit à neuf mille hommes de pied et quinze cents ou deux mille* chevaux, droit aux portes de Paris, pour combattre les troupes du Roi si elles s'opposoient à leur chemin, et voir quel mouvement leur venue pourroit causer dans les esprits mécontents à Paris-.

Ce conseil si bien pris n'eut pas le succès qu'ils espéroient; car, bien qu'ils se fussent tous séparés pour faire leurs levées, M. de Guise étant allé à Guise, M. de Mayenne à Soissons, M. de Bouillon à Sedan, M. de Vendôme à la Fère, M. de Longueville à Péronne et le marquis de Gœuvres à Laon, plusieurs d'entre eux jouèrent à la fausse compagnie, comme on fait en toutes ligues, où chacun, pensant à son intérêt particulier, qui ne dépend pas de celui des autres, se détache du lien commun qui leur sert de prétexte plutôt que de véritable sujet de ce qu'ils font^.

M. de Guise fut le premier qui manqua à ce qu'il avoit promis. Dès qu'il fût arrivé à Guise, il dépêcha un gentilhomme à M. de Lorraine*, pour le prier d'être de la partie, et un autre vers MM. d'Épernon et

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