‹ MémoiresChapitre 37 sur 172 · Voyez ci-dessus, p. 57 et · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p. 57 et

2. Rachel de Cochefillet, veuve de Jacques Hurault, seigneur du Marais et de Châteaupers, maître des requêtes, épousa, en 1592,MaxirailiendeBéthune, duc de Sully, veuf lui-même d'Anne de Courtenay. Elle mourut à Paris le 30 décembre 1659. C'est par erreur que le tome I des présents Mémoires (p. 52, note 4) indique comme femme de Sully, en 1610, Anne de Courtenay.

Louvre, le S" septembre ^ Le 6% le Roi alla au Parlement pour y faire vérifier une déclaration qu'il avoit faite sur la détention de Monsieur le Prince^, par laquelle il représentoit que, pour acheter la paix, il avoit, par le traité de Loudun, accordé audit sieur le Prince le domaine et le gouvernement de la province et des places de Berry, grande somme d'argent à l'un des grands qui suivoient son parti, le taillon à l'autre, et de grands et injustes avantages à tous les particuliers, sans lesquels on n'eût pu convenir d'aucun accord avec eux ; ce qui étoit bien un évident témoignage qu'ils n'avoient pris les armes qu'à cette fin ; que, nonobstant toutes ces choses, ils avoient enfreint ledit traité, et, non contents d'avoir en toutes façons foulé son autorité aux pieds, avoient encore attenté sur la liberté de sa royale personne ; que tous ces actes de rébellion ^ l'-a voient obligé, non seulement pour sa conservation, mais pour celle de l'État, d'arrêter Monsieur le Prince, pour, par ce moyen'*, le

1. Le Mercure français, t. IV, année 1616, p. 208, mentionne le fait : « On accommoda une chambre treillessée de fer au-dessus de la grand'salle, près le pavillon, pour mettre ledit sieur prince, où il fut conduit le 3" septembre. »

2. Le texte de cette déclaration a été imprimé dans le Mercure français, t. IV, année 1616, p. 217-226, et dans le iîec?<e«7 des lois françaises d'Isambert, t. XVI, p. 97. La date de la déclaration était du 6 septembre; mais ce n'est que le 7 que le Roi vint au Parlement. On trouve le récit de ce lit de justice dans les Mémoires de Mathieu Mole, p. 125, et dans le Journal d' Arnauld d'Andilly, p. 210.

3. Les mots que tous ces actes de rébellion ont été substitués aux mots que toutes ces actions de rébellion sur le manuscrit B.

4. Les mots pour par ce moyen ont été ajoutés en interligne par Sancy sur le manuscrit B.

retirer de la puissance de ceux qui l'eussent achevé de perdre s'il y fût davantage demeuré, ne retranchant pas tant sa Hberté qu'ôtant aux mauvais esprits qui l'environnoient la commodité d'abuser de sa facilité et de son nom.

S. M. déclaroit néanmoins * qu'elle pardonnoit à tous ceux qui avoient eu part et adhéré à ses mauvais desseins, conseils et actions, pourvu qu'ils revinssent dans quinzaine en demander pardon à S. M.; comme aussi elle vouloit que, persévérant outre ce temps en leur mauvaise volonté, il fût procédé contre eux, selon la rigueur de ses ordonnances, comme contre criminels de lèse-majesté. .

Peu de jours après^, elle fît publier à son de trompe que tous les domestiques et suivants desdits princes eussent à sortir dans vingt-quatre heures de Paris, s'ils ne venoient, selon sa déclaration susdite, faire protestation de vivre et mourir en son obéissance. Et, pour ne rien oublier de ce qui se pouvoit pour pacifier toutes choses, elle dépêcha, au même temps qu'ils s'étoient assemblés à Soissons, les sieurs de Champ vallon ^, de Boissise et le marquis de Vil-

1. Le mot néanmoins a été ajouté en interligne, sur le manuscrit B, par Sancy, qui avait écrit d'abord Néanmoins que Sa Majesté.

2. Le 14 septembre : voyez Mercure français, t. IV, année 1616, p. 248.

3. Jacques de Harlay, seigneur de Champvallon, fils de Louis, seigneur de Césy, et de Louise de Carre, fut élevé auprès du duc d'Alençon, nommé grand écuyer de ce seigneur et raestre de camp du régiment de ses gardes, puis gouverneur de Sens, grand maître de l'artillerie pendant la Ligue, et chevalier du Saint-Esprit en 1602. Il fut aussi chambellan du duc de Lorraine et son intendant en France. Il mourut en 1630.

lars^, beau-frère de M. de Mayenne-, pour traiter avec eux et leur offrir tout ce que l'autorité royale pouvoit souffrir leur être concédé pour les ramener à leur devoir^.

Ces princes étoient arrivés à Soissons dès le 2" septembre. MM. de Guise et de Ghevreuse y étant aiTivés les premiers, le sieur de Fresnes, gouverneur de la ville sous M. de Mayenne, leur refusa les portes jusques à l'arrivée dudit sieur de Mayenne, et, quoique M. de Guise s'en voulût offenser, il en fut néanmoins loué de tout le monde*.

Dès le jour même, ils s'assemblèrent et avisèrent d'envoyer vers le duc de Vendôme, qui étoit à la Fère, et celui'' de Longue ville, qui étoit à Péronne, pour les prier de se trouver, à trois jours de là, à Coucy, où ils se rendroient tous pour prendre conseil en leurs affaires^. Le cai^dinal de Guise, qui arriva à Soissons le 3% se trouva à ladite conférence avec les autres. M. de Guise y étoit fort triste et décontenancé, soit que l'exemple de feu son père lui fît peur et que, sans y penser, il se trouvât plus engagé avec eux qu'il

1. Emmanuel-Philibert des Prez, marquis de Villars, mort au siège de Montauban en 1621, fils de Melchior des Prez, seigneur de Montpezat et du Fou, sénéchal de Poitou, et de Henriette de Savoie, marquise de Villars, laquelle épousa en secondes noces, en juillet 1576, Charles de Lori'aine, duc de Mayenne.

2. Ce marquis de Villars n'était pas beau-frère, mais frère utérin d'Henri de Lorraine, duc de Mayenne.

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