ïome I, p
2. Tout ce paragraphe reproduit avec commentaires les articles 16 et 27 à 30 des demandes faites par le prince de Condé à la conférence de Loudun [Mercure francois, t. IV, année 1616, p. 52).
3. Var. : La Reine eut de la peine à accorder une chose que Monsieur le Prince demandoit instamment (M, H).
d'Amiens*. Cet article, longtemps débattu, obligea à prolonger la trêve jusques au 5^ mai-.
LL. MM., sachant qu'ils n'en vouloient qu'à la personne du maréchal d'Ancre, aimèrent mieux lui ôter cette place que permettre qu'elle fût rasée, étant de l'importance qu'elle est à l'État, à la charge, toutefois, que M. de Longueville demeureroit en sa maison de Trie^, en attendant que S. M. eût pourvu au gouvernement de ladite place ^.
M. de Villeroy, ayant eu le vent cjue la Reine étoit
1. Ce qui précède est tiré des Mémoires d'Estrées (p. 411), qui donnent plus de détails que nos Mémoires sur les négociations engagées et sur les repi'oches que la Reine mère adressa à Villeroy de n'avoir pas assez énergiquement défendu les intérêts de la royauté. Les Mémoires se sont encore inspirés, pour la l'édaction des deux paragraphes suivants, du texte de d'Estrées, qu'ils reproduisent presque mot à mot.
2. La trêve fut prolongée à plusieurs reprises, d'abord du 23 février au 15 mars, ensuite du 15 mars au l^"" avril, puis jusqu'au 25 avril et enfin jusqu'au 5 mai [Mercure français, t. IV, année 1616, p. 44, 45, 76, 78). Il semble, d'après un document des Affaires étrangères, que la trêve fut prolongée du 27 mars au 15 avril par acte royal du 27 mars, signé à Tours (AIT. étr., France 770, fol. 129). Il y aurait donc eu prolongations de trêve du 23 février au 15 mars, du 15 au 27 mars, du 27 mars au 15 avril et du 15 avril au 5 mai.
.3. Trie -Château, canton de Chaumont, département de l'Oise. Le château et la seigneurie de Trie étaient devenus la propriété des Orléans-Longueville par suite du mariage contracté en 1563 par Marie de Bourbon, duchesse d'Estouteville et dame de Trie, avec Léonor d'Orléans, duc de Longueville, aïeul de Henri, dont il est fait ici mention.
4. Cette phrase est tirée d'un passage des Mémoires d'Estrées (p. 411); l'éditeur de la collection Michaud a imprimé : dans sa maison de Troyes.
mécontente de lui pour ces deux derniers articles, comme s'il n'eût pas fait tout ce qui étoit en lui pour empêcher les princes de les lui proposer ou en affoiblir leurs poursuites, la vint trouver à Tours ^ et, pour se justifier, lui représenta qu'il étoit avantageux pour le service du Roi de donner à Monsieur le Prince toute la satisfaction qui se pouvoit pour l'attirer à la cour ; qu'il lui étoit préjudiciable de permettre qu'il demeurât éloigné dans son gouvernement, où de nouveaux boute- feux seroient tous les jours à l'entour de lui pour l'exciter à rallumer la guerre ; qu'au reste l'autorité qu'on lui donneroit de signer les arrêts ne diminueroit en rien celle de la Reine, mi que, s'il y servoit bien, les choses que S. M. y feroit ordonner en seroient d'autant plus autorisées, et, s'il faisoit mal, on y pouvoit facilement remédier, sa personne étant en la puissance de LL. MM.^. Quant à ce qui regardoit le maréchal d'Ancre, il lui avoit semblé être obligé, pour le service qu'il devoit à la Reine et pour la considération dudit maréchal même, de ne pas attirer sur lui, et ensuite sur elle, cette envie que l'on crût et publiât par tout le royaume que son intérêt particulier, qui seroit réputé à une vanité très dommageable, empêchât la pacification de ces troubles, le repos des peuples et le bien public, et qu'à l'extrémité, si la Reine lui vouloit conserver cette place, elle la lui pourroit remettre par après en ses mains, quand les princes seroient séparés et leur armée licenciée, et ce d'autant plus facile-
1. Bassompierre, qui assista à l'entretien, le rapporte en termes très colorés dans ses Mémoires, t. II, p. 72.
2. Les mots de Leurs Majestés ont été ajoutés en interligne, de la main de Charpentier, sur le manuscrit B.
ment que l'échange seroit aisé à faire avec M. de Lonoueville de la Picardie avec la Normandie, et ledit duc, hors d'intérêt, ne penseroit plus à la citadelle d'Amiens.
La Reine fut contente ou feignit de l'être de ces raisons. Le Roi s'avança cependant à Blois, où peu de jours après la Reine se rendit, et, en même temps, Monsieur le Prince tomba malade d'une fièvi^e continue, ce qui fut cause que la paix ne put être signée qu'au commencement de mai ^ .
Le 4' de mai, S. M. fit publier deux ordonnances : l'une pour la retraite des gens de guerre qui avoient suivi Monsieur le Prince, l'autre pour la pacification des troubles présents % attendant que l'édit qu'elle en a voit fait expédier fût publié au Parlement, ce qui fut le 8^ juin ensuivant.
Voilà ce qui fut publié de l'édit de Loudun^; mais les articles secrets, qui étoient les principaux et ceux auxquels les princes avoient buté\ furent que chacun d'eux reçut, en son particulier, de grands dons et récompenses du Roi, au lieu de la punition qu'il avoit méritée. Aussi ne livrèrent-ils pas à S. M. la foi qu'ils lui vendoient si chèrement, ou, s'ils la livrèrent, ce ne fut pas pour longtemps.
2. Voyez dans le Mercure français, t. IV, année 1616, p. 80-82, le texte de ces deux ordonnances.
3. Le Mercure françois, t. IV, année 1616, p. 89 et suiv., donne le texte in extenso de l'édit de Loudun contenant les conditions de la paix entre le Roi et les princes, en cinquante articles, plus quinze articles particuliers.