C'est-à-dire Boursier
3. Boursier fut exécuté le jour même de sa condamnation : il fut pendu en place de Grève, puis son corps fut brûlé [Mercure françois, t. IV, année 1616, p. 303). D'après le Journal (VArnauld d'Andilly, p. 226, l'exécution eut lieu le 9 novembre; d'après le Mercure françois, le 4.
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plaire et paroître zélés, soit que, les preuves n'étant pas si entières qu'elles eussent dû être, ils désiroient tous savoir si, à la question, il diroit quelque chose qui confirmât la justice de leur jugement : ce que l'on dit qu'il fit et reconnut son crime, confessant la chose s'être passée selon qu'on l'avoit accusé.
Deux autres, qui avoient été des gardes de Monsieur le* Prince, furent pris avec lui pour ce qu'ils le hantoient, mais, n'ayant été trouvés coupables, furent relâchés. Un de ces deux, nommé Vaugré, s'en alla à Soissons, espérant y être bien reçu, et là il fut pratiqué pour dire qu'on l'y avoit envoyé pour tuer le duc de Mayenne, comme nous verrons l'année suivante^.
Cette accusation de Boursier^ fit qu'on se défia davantage de Monsieur le Prince et que, sur quelque soupçon que l'on eut que ses officiers, qui, jusques alors, lui avoient apprêté son manger et l'avoient servi, lui avoient mis quelques lettres dans un pâté, on les congédia tous, et ne fut plus servi que par ceux du Roi. Ensuite, le 24^ septembre^, il fut mis dans un
1. Les dix premiers mots de cette phrase ont disparu lorsque les marges du manuscrit B furent rognées à la reliure.
2. L'autre garde s'appelait Goron. Vaugré, de son vrai nom, se nommait Claude Gaudin : voyez Mercure français, t. IV, année 1616, p. 304, et Avenel, t. I, p. 255.
3. Les mots de Boursier ont été ajoutés en interligne sur le manuscrit B par Sancy.
4. Les manuscrits portent 2'i^ novembre^ ce qui est une erreur. Condé fut transféré à la Bastille dans la nuit du 24 au 25 septembre 1616. Bassompierre se vante en ses Mémoires d'avoir été chargé par la Reine de cette délicate opération [Mémoires de Bassompierre, t. II, p. 98 et suivantes; Mercure françois, t. IV, année 1616, p. 258, et Journal d'Arnauld d'Andilly, p. 215).
carrosse et mené à la Bastille, pour être plus assurément; et, le 19*" décembre, le comte de Lauzières, fils du maréchal de Thémines, en la garde duquel il étoit, fut changé, et du Thiers^ qui commandoit à la compagnie de chevau-légers de la Reine mère, eut ordre de le garder avec quelques-uns de ses compagnons -.
Avant finir cette année, il est raisonnable que nous disions ce qui s'est passé en Italie depuis le traité d'Ast, pourquoi il ne fut point exécuté, l'assistance que le duc de Savoie eut du côté de France, et ce que LL. MM. firent pour acheminer les affaires à un accommodement.
Après le traité d'Ast, l'Espagne retira le marquis d'Hinojosa de l'État de Milan et y envoya Don Pedro de Tolède^, lequel, fondé sur ce que, par ledit traité, le Roi son maître n'étoit point obligé formellement à désarmer, non seulement ne désarma pas, quoique le duc de Savoie eût licencié son armée, mais leva de nouvelles troupes, donnant une juste jalousie audit duc
1 . Du Thiers était maréchal des logis de la compagnie des chevau-légers de la Reine mère. En 1615, il avait défendu la citadelle d'Amiens contre les entreprises du duc de Longueville. Le Mercure françois, t. V, année 1617, p. 229, dit qu'après le départ de Lauzières la garde du pinnce fut confiée à Youzé.
2. Le Mercure français, t. IV, année 1616, p. 359, donne de curieux détails sur les précautions prises pour effectuer ce changement sans en prévenir d'avance le comte de Lauzières. D'après le Journal d'Arnauld d'Andilly, p. 244-245, ce changement aurait fait l'objet de pourparlers assez longs avec le maréchal de Thémines.
3. Don Pedro de Tolède, marquis de Villafranca, duc de Ferrandina, prince de Montalvan, était fils de Garcias de Tolède-Osorio-Pimentel et de Victoire Colonna, fille du grand connétable du royaume de Naples.
de se vouloir prévaloir de ce qu'il étoit sans défense et envahir ses États ^.
En ce même temps, les Vénitiens étoient en guerre avec l'archiduc Ferdinand^, à raison de quelques-uns de ses sujets de Croatie qui avoient, sur la fin de l'année précédente, fait quelques voleries, pour lesquelles les Vénitiens, n'en pouvant tirer raison dudit archiduc, étoient entrés en guerre avec lui^.
L'armée de Don Pedro de Tolède pouvant être employée contre eux comme contre le duc de Savoie, ils entrèrent en traité ensemble. Ils se promirent une mutuelle assistance contre les Espagnols, ensuite de laquelle les uns et les autres firent nouvelles levées de gens de guerre.
1. « Don Pedre de Tolède, successeur du marquis de la Hinojosa au gouvernement de Milan, ayant trouvé à son arrivée toutes les troupes du roi d'Espagne encore sur pied, non seulement ne les licencia pas, comme il y étoit obligé, mais y en ajoutoit tous les jours de nouvelles, supposant que le temps de désarmer n'ayant point été prescrit, il pouvoit attendre tant qu'il lui plairoit, ne voulant en aucune façon considérer que le traité portoit expressément que, quand M. de Savoie auroit désarmé, le gouverneur de Milan disposeroit en telle sorte de son armée que, ni par le temps, ni par le nombre, M. de Savoie, ni nul autre prince n'en pourroit prendre jalousie; ce que M. de Savoie ayant fait diverses fois représenter à Don Pedre et n'en pouvant tirer raison, il somma enfin le Roi, celui de la Grande-Bretagne et les Vénitiens que, comme garants du traité, ils eussent à le faire désarmer de gré ou de force » [Mémoires de Fontenay-Mareuil, éd. Michaud, p. 113).
2. Ferdinand d'Autriche (1578-1637) , couronné roi de Bohême en 1617, roi de Hongrie on 1618 et empereur sous le nom de Ferdinand II en 1619.
3. Voyez dans le Mercu/'e françois, t. IV, année 1616, p. 363- 371, le récit détaillé de ces événements.
Le Roi, ayant avis de ce nouvel embrasement en Italie, y envoya M. de Béthune en qualité de son ambassadeur extraordinaire, au lieu du marquis de Rambouillet, pour essayer de les faire venir à un accommodement .
Les esprits sont irrités ; l'orgueil est grand du côté d'Espagne et* la présomption de ses forces; le courage ne manque point du côté du duc, ni la prudence de faire paroître en avoir du côté des Vénitiens-. Diverses propositions sont faites; ils ne peuvent convenir, mais s'arrêtent sur des pointillés; le Roi est convié d'être de la partie; le duc de Savoie le semond de le défendre, selon qu'il y est obligé par le traité d'Ast, et dépêche au maréchal de Lesdiguières, afin que, sans attendre autre commandement de S. M., il lui envoie des troupes, comme il lui a été permis. Le maréchal de Lesdiguières passe à Turin, fait lever quantité de gens de guerre, leur fait passer les monts, de sorte que le duc de Savoie se vit avec une armée de treize à quatorze mille hommes de pied, dont il y avoit dix mille François, en état de se défendre de celle de Don Pedro de Tolède, bien qu'elle fût plus forte de la moitié. Ce qui lui fait plus de peine est le duc de Nemours qui, s'étant, du commencement, chargé de faire quelques levées pour son service dans le Faucigny ^ et le Genevois, tourna ses armes contre lui-même,