‹ MémoiresChapitre 54 sur 172 · Var. : Pour lors le soin (M, H · texte numérisé non relu

Var. : Pour lors le soin (M, H

2. On remarquera que les Mémoires donnent des détails circonstanciés sur le premier président Achille de Harlay. C'était l'oncle, à la mode de Bretagne, de Sancy, le « secrétaire des Mémoires », c'est-à-dire que leurs pères étaient cousins germains. Voyez tome I, p. 58 : une faute d'impression y donne 1619 comme date de sa mort, au lieu de 1616.

3. Les mots qui étant né ont été substitués par Sancy au mot gentilhomme sur le manuscrit B.

4. Anciennes a été ajouté de la main de Charpentier sur le manuscrit B.

5. Ne fut pas a été substitué par Sancy aux mots et non sur le manuscrit B.

6. Le scribe du manuscrit B avait mis il a vécu; Sancy a écrit il vesquit.

7. Le texte du manuscrit B portait d'abord : // étoit grave et de peu de paroles, et par son seul regard. Sancy a corrigé selon la leçon que nous donnons.

recommandée^ par une personne puissante, il l'examinoit plus soigneusement, craignant qu'elle fût mauvaise puisqu'on y apportoit tant de précaution ; et, dèsqu'en une visite de civilité on lui parloit d'une affaire, il reprenoit son visage austère et ne retournoit plus à parler familièrement. M. de Guise l'étant venu voir le jour des Barricades pour s'excuser de ce qui se passoit, il lui dit franchement qu'il ne savoit ce qui en étoit, mais qu'il étoit bien difficile qu'on en crût rien à son avantage et que c' étoit une chose déplorable que le valet chassât le maître de sa maison. Quand Le Clerc ^, durant la confusion de la Ligue, le mena avec le reste de la cour dans la Bastille, les uns et les autres faisant diverses plaintes, il ne proféra jamais une parole, mais s'en alla dans la prison avec la même gravité avec laquelle il avoit accoutumé d'aller au Parlement, portant les menaces sur le front, et une courageuse fierté en la tristesse de son visage qui le rendoit immobile contre le mépris et les injures de ces mutins.

Entre plusieurs exemples de son intégrité et de son courage inflexible en la justice, celui-là est remarquable que, le Boi ayant envoyé vérifier au Parlement un édit qui ne lui sembloit pas juste^, il s'y opposa de tout son pouvoir, et le Boi lui reprochant un don

1. Sancy a corrigé le manuscrit B, qui portait primitivement : Son intégrité étoit telle que lorsqu'une cause...

2. Sancy a encore ici modifié le manuscrit B, qui donnait, après précaution : Et de peur de se reldclter quelquefois par la familiarité en la moindre chose qu'il ne dût pas .^ dès qu'en...

S. Jean Bussy-Le Clerc, l'un des chefs de la faction des Seize, gouverneur de la Bastille, mort à Bruxelles vers 1635.

qu'il lui venoit de faire d'une grande place dans l'ile du Palais pour y faire bâtir, il lui en rendit le brevet, lequel néanmoins S. M. lui renvoya peu après, ayant sa vertu en admiration ^ . A soixante et quinze ans, étant devenu aveugle, le Roi lui permit de se défaire de sa charge et d'en tirer deux cent mille francs de récompense du président de Verdun^. A quatre-vingts ans, il mourut, plus plein d'années et d'honneur que de biens, que sa façon de vivre ne lui avoit pas donné lieu de laisser à ses enfants beaucoup plus abondants qu'il les avoit reçus de son père.

En la même année mourut aussi le cardinal de Gondy^, frère du duc de Retz^ créatures de la reine Catherine de Médicis, qui les éleva d'une très basse naissance aux premières dignités de l'Église et de l'État. Il fut premièrement évêque de Langres, puis de Paris, et ensuite cardinal ; homme de peu de lettres, mais de bon sens, qui montra néanmoins combien il est difficile qu'un cœui* étranger s'unisse avec la fidélité qu'il doit au prince auquel il est redevable de tout

1. Var. : Il lui en rendit aussitôt le brevet; mais le Roi, admirant sa vertu, le lui renvoya (M, H).

2. Nicolas de Verdun, conseiller au parlement de Paris en 1583, premier président du parlement de Toulouse, puis premier président à Paris en 1611, mort en 1627.

3. Pierre de Gondy (1533-1616), évêque de Langres en 1565, évêque de Paris en 1570, cai'dinal en 1587. Il était fils d'Antoine de Gondy, florentin, qui avait été amené en France par Catherine de Médicis.

4. Albert de Gondy, duc de Retz (1522-1602), pair et maréchal de France, gouverneur de Provence, de Metz, du pays Messin et de Nantes, lieutenant pour le Roi au marquisat de Saluées.

ce qu'il est, en ce que le roi Henry Iir, son bienfaileur, étant blessé à mort, il l'abandonna à l'heure même et se retira en sa maison de Noisy^ sans l'assister en ce besoin, ni lui rendre les derniers devoirs auxquels il étoit obligé, quand bien il n'eût point reçu de lui tant de grâces dont il l'avoit rempli au-dessus de son mérite ; montrant bien la vérité de l'ancien proverbe, qu'il ne faut pas aimer les étrangers pour les éprouver, mais, au contraire, qu'il les faut éprouver avant que les aimer. Il décéda âgé de quatre-vingtquatre ans et fut enseveli en l'église Notre-Dame de Paris, en la chapelle où l'on voit les tombeaux de son frère et le sien, avec des inscriptions plus pleines de faste que de vérité.

Le duc de Nevers étoit de gaité de cœur entré si avant dans la rébellion tout ouverte l'année passée, et les princes et seigneurs ligués, qui, s'étant éloignés de la cour, eussent bien voulu procéder pour quelques temps avec plus de déguisement, lui étoient néanmoins si étroitement unis et l'assistoient avec tant de passion cju'ils ne se donnèrent pas le loisir d'attendre le printemps pour faire la guerre, mais la commencèrent avec l'année, au milieu de la rigueur de l'hiver.

Le Roi, pour prévenir les maux qui, autrefois, en semblables occasions, étoient arrivés en ce royaume par l'assistance que les rebelles avoient reçue des

1. Celte maison des Gondy était située à INoisy-Saint-Noni, près Villepreux, à la lisière sud de la forêt de Marly.

princes étrangers, par les fausses impressions qu'ils leur avoient données contre les rois ses prédécesseurs qui régnoient lors, envoya en ambassade extraordinaire le baron du Tour^ vers le roi de la Grande- Bretagne^, qui l'aimoit très particulièrement pour avoir été ambassadeur près de lui lorsqu'il étoit roi d'Ecosse et qu'il vint à recueillir la succession du royaume d'Angleterre; M. de la Noue^ en Hollande, où son nom et sa religion le rendoient agréable ; et le comte de Schonberg' en Allemagne, où son père^, qui en étoit et qui y avoit été [envoyé] en plusieurs ambassades par le feu Roi, lui donnoit plus de créance et de moyen de bien servir S. M.

Leur commission fut de dissiper les faux bruits qu'on faisoit courir, dans les États et cours des princes où on les envoyoit, contre le service du Roi, les informer de la vérité de ses actions, de la justice de la

1. Charles Cauchon, baron du Tour et de Maupas, conseiller d'État, ambassadeur en Angleterre. Il signe Maupas du Tour. Son instruction pour cette mission a été imprimée dans Avenel, t. I, p. 247. Elle se trouve en minute aux Afi'aires étrangères, Corr. politique, Angleterre 26, fol. 58.

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