‹ MémoiresChapitre 59 sur 172 · Imprimée dans le Mercure françois, p · texte numérisé non relu

Imprimée dans le Mercure françois, p

3. Le Mercure françois, p. 50 et suivantes, donne « les principaux points de la Remontrance que les ducs de Vendôme, de Mayenne et maréchal de Bouillon envoyèrent au Roi avec les réponses que l'on y fit. « On y lit le passage suivant concernant l'évêque de Luçon : « Celui qui a été fait secrétaire d Etat est un prélat si plein de gloire pour l'innocence de sa vie, pour l'éminence de son savoir et pour l'excellence de son esprit que tous ceux qui savent quel est son mérite avoueront aisément que Dieu l'a destiné pour rendre de grands et signalés services à Leurs Majestés au milieu des tempêtes de leur Etat. » L'original de cette remontrance est aux Affaires étrangères, France 771, fol. 26-29; elle est datée du 4 février, et fut reçue le 14, « sous la couverture d'un paquet de M. de la Vieuville ». Une copie en fut faite de la main de Le Masle, prieur des Roches (Affaii'es étrangères, France 771, fol. 30-33). En marge de cette copie se remarquent quelques réflexions intéressantes, qui sembleraient avoir été dictées par le jeune Roi. En voici un exemple (fol. 30 v°). Les princes écrivaient ceci : « Vos sujets de toutes conditions..., se voyant environnés de craintes et d'appréhensions et exposés à toutes sortes de dangers par les conspirations intestines dressées à la ruine de votre état, implorent votre justice pour les garantir de l'oppression et

quelles ils rejetoient la cause de tous les maux de l'État sur le maréchal d'Ancre et sa femme, et continuoient à faire les mêmes plaintes imaginaires qu'ils avoient accoutumé, S. M., pour faire voir à toute la Chrétienté son juste procédé, sa clémence et sa patience envers eux, et leur opiniâtreté en leurs crimes, fit publier une déclaration sur le sujet des nouveaux troubles de son royaume, laquelle, étant un peu longue, mais contenant par le menu la preuve évidente de la vérité de ces choses, toutes les raisons y étant déduites par le menu, je n'ai pas voulu l'insérer ici pour n'interrompre le til de l'histoire, mais l'ai ajoutée à la fin de ce livre ^.

Mais, pour ce que les paroles sont trop foibles contre la violence d'une rébellion si elles ne sont fortifiées des armes, sans lesquelles les lois et la justice sont de vaines menaces, sans puissance et sans effet, S. M. voulut accompagner ses raisons de ce qui

servitude à laquelle on les veut assujettir et pour délivrer votre couronne de tant de malheurs qui s'avancent aujourd'hui pour la renverser. » On lit en marge : « Personne ne peut douter que mes sujets qui sont dans les villes de mon obéissance vivent paisiblement sans appréhension d'aucun mal que celui que vous leur faites craindre, et qu'au contraire mes pauvres sujets qui sont à Soissons et aux cinq villes où vous vous êtes usurpé tout le pouvoir éprouvent toute sorte de misères et gémissent sous le joug d'une servitude insupportable. »

1. Un exemplaire imprimé de cette déclaration, datée du 18 février, est inséré dans le volume France 771, fol. 37-55. Voyez aussi le Mercure françois, p. 68, et Avenel, t. I, p. 301. Richelieu s'en attribue la paternité dans une lettre au maréchal d'Ancre du 22 février (Avenel, t. l, p. 316J. Quoi qu'en dise Richelieu, on ne trouve point cette déclaration parmi les cahiers du manuscrit B. Elle est trop connue pour que nous la donnions en appendice.

leur étoit nécessaire. Et, pour ce que le délai donnoit de la hardiesse à ses ennemis, et, au contraire, la diligence leur donneroit de la terreur, elle fît promptement' lever des troupes en son royaume, manda au comte de Schonberg qu'au lieu d'achever sa commission il levât quatre cents reitres et quatre mille lansquenets, et se résolut de faire trois armées pour attaquer ses ennemis, tout à la fois, en tous les lieux où ils avoient de la puissance, envoyant l'une en Champagne, où étoit M. de Nevers, l'autre en Berry et en Nivernois, où il avoit plusieurs places et adhérents fortifiés par la présence de Madame sa femme, et l'autre en l'Ile-de-France contre M. de Mayenne. 11 donna le commandement de celle de Champagne à M. de Guise, sous lequel M. de Thémines commandoit, et le sieur de Praslin étoit seul maréchal de camp; celle de Nivernois étoit commandée par le maréchal de Montigny, ayant pour maréchal de camp le sieur de Richelieu^ mon frère ; et l'autre par le comte d'Auvergne, qui alla premièrement au Perche et au Maine pour nettoyer ces deux provinces, où il assura au service du Roi Senonches^, quiappartenoit au duc de Nevers, la Ferté^ qui étoit au vidame de Chartres^, Verneuil, dont Mé-

1. Le mot promptement a été substitué par Charpentier, sur le manuscrit B, aux mots : en diligence.

2. Henri du Plessis, seigneur de Riciielieu, fils de François III du Plessis, seigneur de Richelieu, et de Suzanne de la Porte, frère aîné du Cardinal, mestre de camp au régiment de Piémont, fut tué en duel en 1619 par le marquis de Thémines.

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