‹ MémoiresChapitre 58 sur 172 · Cette phrase est empruntée au Mercure français, p · texte numérisé non relu

Cette phrase est empruntée au Mercure français, p

4. Le texte de cette lettre a été imprimé dans le Mercure l'rançois, t. IV, année 1617, p. 36. L'original autographe est aux Affaires étrangères, France 771, fol. 22-25. Là encore des passages soulignés ont été utilisés pour les Mémoires; on les retrouve dans les phrases qui suivent jusqu'à la fin du paragraphe.

de Nevers au Roi, en date du dernier janvier, par laquelle, n'ayant point de honte de soutenir à S. M. qu'il lui étoit fidèle, il disoit les causes portées par la déclaration de S. M. être fausses, le sujet de son éloignement être bien fondé sur la puissance démesurée du maréchal d'Ancre, qui a chassé les anciens conseillers d'État et le garde des sceaux du Vair, et qu'il étoit prêt d'aller en personne faire les protestations à S. M. de son très humble service, pourvu qu'elle lui donnât pour juges les princes, ducs et pairs et anciens officiers de sa couronne, et les conseillers d'État dont le feu Roi son père s'étoit servi durant son règne.

Ces prétextes, qui avoient quelque apparence, n'avoient point de solidité devant ceux qui savoient les affaires; car, premièrement, il s'offroit de venir et ne venoit pas en effet, continuant cependant et augmentant toujours ses hostilités et actes de rébetlion : aussi disoit-il qu'il ne ti'ouvoit pas de sûreté auprès de S. M., ce qui montroit qu'il ne vouloit pas effectuer ce qu'il promettoit. Davantage, il se plaignoit de l'éloignement des anciens conseillers, contre lesquels il avoit le premier fait plainte en sa première rébellion, les appellant tyrans et disant qu'ils vouloient régner dans la confusion. Et, en troisième lieu, il se soumet à la volonté du Roi, pourvu qu'il le fasse juger par les princes qui lui adhèrent et trempent dans le même crime que lui.

Après que les princes et autres de l'assemblée eurent dressé cette lettre pour le duc de Nevers au Roi, ils arrêtèrent de faire ouvertement la guerre, se fortifier en leurs places, se saisir des deniers royaux; et, cela fait, dépêchèrent en plusieurs endroits, tant dedans

que dehors du royaume ^ ; ce qui obligea le Roi à faire une déclaration- contre eux, semblable à celle qu'il avoit faite contre le duc de Nevers, laquelle fut vérifiée au Parlement le 1 3 février.

Sur cela, ayant fait des remontrances^ au Roi, ès-

1. Voici ce qu on lit dans le Mercure françois, p. 34 : « Sur la fin du mois de janvier, les ducs de Nevers, de Vendôme, de Mayenne, le maréchal de Bouillon, le marquis de Cœuvres, le président Le .Tay et autres seigneurs de leur parti firent une forme d'assemblée à Soissons, où ils délibérèrent de faire la guerre ouveiHe, d'arrêter les deniers royaux et de se fortifier aux villes qu'ils tenoient en leurs gouvernements et en leurs châteaux; ils dépêchèrent aussi en plusieurs endroits tant dedans que dehors le royaume. »

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