Chef-lieu de canton du département de la Sarthe
3. Ce paragraphe est emprunté au Mercure françois, t. IV, année 1617, p. 112-116. Il faut remarquer que les Mémoires ne suivent pas ici rigoureusement l'ordre des événements, tel que le donne avec des dates précises le Mercure françois, jonvnal officiel. Ces erreurs sont assez fréquentes dans les Mémoires et probablement voulues ; la suite des faits prenant ainsi une apparence de plus grande logique, contraire d'ailleurs à la réalité.
M""" de Bouillon^ en la Marche et au Bas-Limousin, ils demandèrent au Roi permission de s'assembler à la Rochelle, et, leur étant refusée, ils la prirent d'euxmêmes et firent courir une déclaration^ en laquelle ils déduisoient les prétendues raisons qu'ils avoient d'en user ainsi. Mais le duc de Rohan et le Plessis-Mornay alentirent, dans ces commencements, la violence de ces mauvais desseins et ne leur laissèrent pas lieu de faire beaucoup de mal ; joint que le maréchal de Lesdiguières demeura fidèle au Roi, demandant, néanmoins, en même temps quelque gouvernement de province, et que ce ne fût point de celles qui étoient sous la charge d'aucun des princes et seigneurs ligués contre le service du Roi, donnant quasi à connoître qu'il eût bien désiré la Guyenne, sans la nommer; néanmoins, il témoigna depuis qu'il recevroit la Champagne. Cependant l'ombre de son nom servoit pour empêcher les levées qu'on vouloit faire pour les princes dans les Gé venues, dont ils en eussent tiré quantité de bons hommes.
Le Pape ne s'étoit point ému d'une lettre^ que le duc de Nevers lui écrivit le 10* mars, par laquelle, comme s'il eût été quelque grand prince et non simple sujet du Roi, il lui rendoit un compte déguisé
1. Isabelle de Nassau, fille de Guillaume de Nassau, prince d'Orange, et de Charlotte de Bourbon-Montpensier, seconde femme de Henri de la Tour, duc de Bouillon, qu'elle avait épousé en 1595; elle mourut en 1642 et fut mère du futur maréchal de Turenne.
2. Cette pièce a été imprimée dans le Mercure français, t. IV, année 1617, p. 175.
3. Le texte de cette lettre se trouve dans le Mercure franrois, t. IV, année 1617, p. 118-124.
de ses actions, où il lui représeiiioit, avec des faussetés artificieuses, toutes choses s'être passées au désavantage de la sincérité de S. M.
Une déclaration' et protestation de lui et de tous les princes unis, faite à Rethel le 5^ dudit mois, avoit été inutile dans l'esprit des peuples, par laquelle, renouvelant toutes les vieilles querelles, ils remettoient en avant le fantôme des remontrances de la cour^ méprisées et réputées à crime, et le traité de Loudun, prétendu violé par la détention, qu'ils qualifioient injuste, de Monsieur le Prince; les assassins, disoient-ils, et les empoisonneurs envoyés pour faire mourir les princes, après avoir failli de les arrêter, comme, contre tout droit, onvouloit faire; la surprise qu'on avoit faite de leurs places, et, entre autres, Sainte- Menehould ; la déclaration par laquelle ils étoient dénoncés criminels de lèse-majesté, vérifiée, disoient-ils, par un faux et supposé arrêt de la cour : pour toutes lesquelles causes et autres semblables, frivoles et vaines, ils appeloient de toutes les choses faites contre eux par injustice, sous le nom de S. M., à sa justice et équité, lorsqu'elle seroit libre et non forcée par les ennemis de l'État^, ainsi appeloient-ils les ministres, qui s'étoient emparés de sa personne et la tenoient en leur puissance.
1. Le Mercure français, t. IV, année 1617, p. 124-143, donne le texte de cette déclaration, dont quelques passages se retrouvent dans les Mémoires, brièvement commentés.