La cour du Parlement
3. Les mots -.par tes ennemis de l État et les deux lignes qui suivent jusqu'à la fin de l'alinéa ont été substitués par Sancy sur le manuscrit B aux mots : par ceux qui In tenoient en leur puissance.
A raison de quoi ils prioient tous ceux qui se trouveroient dans les places occupées par le maréchal d'Ancre ou ses adhérents ou dans leurs troupes (par lesquels ils entendoient tous les serviteurs du Roi optant dans ses armées ou dans les places de son obéissance) de s'en retirer incontinent pour n'être enveloppés avec les coupables dans la punition qu'ils prendroient d'eux, et dénonçant à toutes les provinces, villes, communautés et toutes sortes de personnes qu'ils eussent à se retirer de la communication et société avec ledit maréchal d'Ancre et ses adhérents, sinon qu'ils protestoient de tout le mal qui leur arriveroit par la rigueur de leurs armes ^.
La connoissance et l'épreuve de leurs actions passées dissipoient les ténèbres de ces artificieuses paHiations de leur crime et aigrissoient encore les peuples plutôt qu'elles ne les émouvoient à pitié vers eux. Et S. M. fit prononcer contre eux la dernière condamnation, qui jusques alors avoit été diiîérée, de la réunion de tous leurs biens à son domaine-.
Au dehors, la réputation du Roi ne recevoit aucune atteinte de leurs impostures. Les étrangers, opprimés
1. Tout l'alinéa qui précède a été ajouté en marge du manuscrit B de la main du scribe qui a écrit cette partie du manuscrit. 11 a été emprunté à la dernière partie de la susdite déclaration des princes, faite à Rethel le 5 mars 1617.
2. La déclaration royale qui prononça cette réunion porte la date du 10 mars 1617. Elle a été imprimée dans le Mercure français, t. IV, p. 152-154. Ceux dont les biens furent confisqués étaient les ducs de Nevers, de Vendôme, de Mayenne, le maréchal de Bouillon, le marquis de Cœuvres et le président Le .Fay. Le Parlement enregistra cette déclaration le 20 mars. Les Mémoires en reparleront ci-après, p. 153.
par la violence de leurs voisins, avoient recours à l'abri de son autorité royale : le baron deBueil, dont les terres étoient situées auprès de Nice en Provence, se mit sous sa protection, et S. M. lui en accorda lettres patentes au mois de mars*.
Le baron du Tour, que le Roi avoit envoyé en Angleterre pour s'assurer de ce côté-là, reçut de bonnes paroles de ce roi, et, bien qu'il donnât avis qu'il armoit quantité de vaisseaux, il ne jugeoit néanmoins pas que ce fût contre la France 2.
Le comte de Schonberg assuroit du côté d'Allemagne que l'Électeur Palatin, qui étoit celui de qui ils avoient plus de sujet d'espérer du secours, promettoit de ne rien entreprendre contre le service du Roi».
1. Annibal Grimaldi, baron de Bueil et gouverneur du comté de INice, quitta le parti du duc de Savoie et obtint, en mars 1617, du roi Louis XIII, des lettres patentés de protection qui furent ratifiées le 22 mai suivant, et 20,000 livres de pension annuelle. Ces lettres sont imprimées dans le Mercure françois, t. IV, année 1617, p. 100-107. Le baron de Bueil fut fait prisonnier en 1621 par le duc de Savoie et rais à mort.
2. « Le baron du Tour mande qu'il ne peut encore découvrir quel dessein a le roi d'Angleterre, mais qu'il fait un grand armement, sous prétexte des Indes, qui est sans apparence. » (Minute de lettre de Richelieu au maréchal d'Ancre, écrite par Charpentier.) Sancy a écrit au dos de la pièce : « Février. Baron du Tour mande que le roi d'Angleterre fait un grand armement. Il ne sait pourquoi. » (Affaires étrangères, France 771, fol. 278.1 La dépêche de Maupas du Tour, datée de Douvres, le .3 février, et où il est parlé de cette flotte anglaise, est aux Affaires étrangères, Corr. politique, Angleterre 26, fol. 115.
3. « Monsieur le comte de Schonberg... écrit qu'il n'y a pas un homme pour eux [les Princes]. Monsieur le prince Palatin, <[ui est celui dont ils se dcvroient prévaloir davantage, s'étant
Du côté du Hollande, tout alloit comme ou pouvoit désirer ; de sorte que le Roi n'avoit affaire qu'aux forces que ces rebelles pourroient' lever dans son royaume, lesquelles n'étoient pas suffisantes à faire tête aux siennes.
Le duc de Guise partit le M" février, investit le château de Richecourt-sur-Aisne le premier mars, y entra par composition le 15" et le rasa. De là, il alla a Rozoy-, qui est à trois lieues de Vervins. Les ducs de Vendôme, de Mayenne et le marquis de Gœuvres, s'étant mis en devoir de le^ secourir, et venus pour cet effet avec leurs troupes jusques à Sissonne'^, le duc de Guise et le maréchal de Thémines vinrent au-devant d'eux et les firent retirer à Laon, et Rozoy se rendit le 10^ mars^.
Le Roi, ce même jour, fît une déclaration par
même engagé à lui et de bouche et par écrit de ne les assister en aucune façon au préjudice de Sa Majesté... » Ce passage est extrait d'une copie de lettre de Richelieu au maréchal d'Ancre (?), écrite par le « secrétaire de la main » (voyez, sur ce personnage, Rapports et notices, fascicule IV, p. 8-12). Charpentier a écrit au dos de la pièce : « Lettre touchant l'état des affaires. « Sanc) a daté le document du commencement de février et l'a résumé : « S. M. attend quati'e mille hommes de Hollande. Schonberg assure qu'il n'y a à craindre d'Allemagne. Le Palatin assure qu'il ne desservira..., etc. » (Affaires étrangères, France 771, fol. 282-283).
1. Var. : Que le Roi n'avoit affaire qu'à eux et les forces qu'ils pourroient lever (M, H).