Jean-Baplisle Concini, auditeur et secrétaire d'Etat du
François de Mcdicis^ père de la Reine mère, et seul ministre sous Gôme^, estimé pour le premier homme d'État d'Italie au rapport de M. de Thou^
La jeunesse de Concino fut agitée de plusieurs accidents, de prison, de bannissement, jusques à être réduit à être échanson du cardinal de Lorraine.
Peu de mois avant le mariage du Roi, il retourna à Florence, où, se trouvant peu de bien, troisième cadet d'une maison de dix mille ducats de rente, il fut aisé à persuader de venir avec la princesse Marie. Leonora Galigaï le regardoit déjà de bon œil et l'aida de quelques deniers avant son partement, dont il acheta un cheval qu'ils appellent de rispeto'', qui coûta deux mille ducats, duquel il fît présent au Roi.
grand-duc de Toscane Côme P"", avait épousé Camille Miniati. Lecteur en droit canon en 1560 à Pise, auditeur de la rote de Mantoue en 1562, clievalier de l'ordre de Saint-Etienne la même année, grand chancelier du Grand-Duc en 1569, il fut envoyé en 1571 à la cour de l'Empereur, comme ambassadeur. Maximilien II reconnut alors ses droits au titre de comte de la Pena. En 1576, il fut élu sénateur, puis auditeur et conseiller privé du grand-duc François P""; il tomba ensuite en disgrâce et mourut en 1605.
1. François-Marie de Médicis (1541-1587), grand-duc de Toscane.
2. Côme P"" de Médicis (1519-1574), cx^éé grand-duc de Toscane par le pape Paul V en 1569, était père de François- Marie (ci-dessus) et grand-père de Marie de Médicis, Il avait épousé en 1539 Eléonore de Tolède, fille du vice-roi espagnol de Naples.
3. Jacques-Auguste de Thou (tome I, p. 137). Il a été parlé dans notre tome I, p. 138, note 1, de sa célèbre Histoire uni~ verselle ou Historia mei temporis.
4. Le document original des Affaires étrangères porte de respesto.
Peu après son arrivée, il épousa la susdite Leonora Galigaï* et, au même temps, eut crédit de mari de la favorite de S. M. Il fut premier maître d'hôtel de la Reine et puis son premier écuyer'. Après ^ plusieurs fâcheuses rencontres, tant de l'aigreur de l'esprit de sa femme, qui ne se pou voit rendre à parler au Roi avec le respect qu'elle devoit sur le sujet de ses amourettes, que de l'envie de Don Jean*, qui essaya de persuader au Roi qu'il seroit mieux en Italie que proche de la Reine, il gagna enfin crédit en l'esprit de S. M., tant parce qu'il étoit adroit aux exercices, aimoit le jeu, étoit d'humeur agréable, railleur et divertissant, que principalement pour ce qu'il le servoit à déguiser et à cacher ses amours à la Reine et à divertir et apaiser les orages de la jalousie, que le Roi ne pouvoit supporter.
Après ^ la mort du Roi, sa fortune haussa et s'accrut avec l'emploi; mais sa faveur commença à aller de soi-même et vint à tel point que, durant la dernière année de son pouvoir, sa femme y eut la moindre part.