‹ MemoiresChapitre 26 sur 117 · TRAVAIL AVEC BIOT · texte numérisé non relu

TRAVAIL AVEC BIOT

Les derniers temps de ma vie de célibataire à Paris furent employés à une foule de travaux peu cohérents entre eux. J'en rendrai ici un compte sommaire.

Ma liaison avec Biot, à la Société philomathique, m'entraîna à entreprendre avec lui une suite d'expériences dans le but de déterminer le degré de conductibilité des différents gaz pour la chaleur. Nous avions un immense ballon dans lequel nous mettions divers gaz, et un thermomètre placé au centre indiquait la marche du refroidissement et du réchauffement. Nous portions cet appareil alternativement d'une chambre à zéro à une autre chauffée à 60 degrés, et, de cette étuve, nous retournions à la chambre glacée enveloppés dans de grandes couvertures de laine, pour éviter les fâcheux effets de cette transition si brusque. Nous n'avons jamais souffert du froid, grâce à cette précaution, mais les séjours dans l'étuve étaient très-pénibles ; ils duraient près d'une heure, et le dernier quart d'heure était réellement une espèce de supplice. Nous nous préservions de la chaleur rayonnante du poêle par des écrans de papier doré, mais nous avions à subir une transpiration extraordinaire, qui nous soulageait cependant et que nous entretenions en buvant beaucoup d'eau. Fr. de La Roche (jeune étudiant en médecine qui nous servait d'aide) et moi conçûmes l'idée que si le corps humain conserve sa température propre d'envion 30 degrés, lors même qu'il est exposé à une chaleur de 60 degrés, cela tient à ce qu'il perd par la vaporisation de la sueur la température qui lui est communiquée. De La Roche a confirmé cette opinion par de nombreuses expériences qu'il a faites avec le docteur Berger, et dont il a rendu compte dans une dissertation très-curieuse. Ce résultat indirect a été le plus utile de notre travail. Biot a rendu compte dans son Traité de Physique du peu qu'il a été possible de

conclure de nos expériences, quelque longues et pénibles qu'elles aient été.

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