‹ MemoiresChapitre 96 sur 117 · BERTHOLLET, SÉNATEUR, ETC., A AUG.-PYR. DE CANDOLLE, A MONT- PELLIER · texte numérisé non relu

BERTHOLLET, SÉNATEUR, ETC., A AUG.-PYR. DE CANDOLLE, A MONT- PELLIER

21 avril 1813.

Monsieur,

Je me flatte que vous ne doutez pas du vif intérêt que je prends à votre nomination à la place de recteur pour laquelle vous avez tant de titres : nous avons fait, Chaptal et moi, les démarches les plus vives auprès du grand maître, mais nous n'avons pas trouvé en lui les dispositions que nous devions supposer. Je crois devoir vous instruire confidentiellement de Tétat des choses. Chaptal et moi, nous lui avons parlé séparément et il nous a fait à Tun et à l'autre à peu près la même réponse. Il m*a dit à moi qu'il y avait plusieurs partis à Montpellier et qu'il y en avait qui vous étaient fort contraires.; qu'on lui avait écrit contre vous et qu'il fallait commencer par bien vivre avec l'évoque, d'où nous avons conclu que cet évéque avait écrit contre vous ; qu'au reste il ne vous donnait pas l'exclusion. Nous avons su depuis qu'il chargeait deux inspecteurs qui vont à Montpellier de prendre des informations : ces deux inspecteurs sont M. Lefèvre-Gineau et M. Rendu*. Lefévre-Gineau nous a promis tous, ses bons offices ; mais nous ne savons que penser de M. Rendu, que nous ne connaissons pas, et qui passe pour très-passionné en fait de religion. Il parait que le grand maître aurait envie d'élever à la place de recteur le fils de son ami M. de RonnaP, qui est déjà employé à l'université, je crois, comme inspecteur. Je ne me suis pas borné à parler au grand maître, mais je lui ai écrit une lettre où j'ai fait valoir et l'intérêt de l'université et les titres qui vous désignent. Chaptal en a fait autant.

Soyez bien persuadé du sincère dévouement avec lequel j'ai l'honneur, etc.

* Comme la non-élection de mon père à la place de recteur, en 1813, a beaucoup occupé, lui^ ses amis et même le public de Montpellier, je donne ici quelques lettres qui s'y rapportent. J'aurais pu en donner un plus grand nombre, car beaucoup de gens influents firent des démarches en sa faveur^ les uns par

amitié vraie, les autres parce qu'ils lui voulaient tout le bien possible à

Montpellier. Je rappellerai qu'il fut nommé pendant les Cent jours. Voyez cidessus^ pages 240 et 252. (Alph. de C.)

« Le premier se montra très-favorable a mon père : pour le second, j'en doute.

(Alph. de C.)

s Lisez de Bonald. {Idem.)

L'ÉVÊQUE de MONTPELLIER* A AUG.-PYR. DE CANDOLLE.

Montpellier, ce 9 mai 1813.

Monsieur,

Je suis on ne peut plus reconnaissant du beau présent que vous avez bien voulu me faire, en m'envoyant voire nouvel ouvrage sur la botanique*. Né comme vous. Monsieur, sur les bords du lac de Genève, dans ce beau pays où la nature se montre avec tant de grandeur et de magnificence, c'est avec une véritable joie que je vois votre nom se placer parmi ceux de nos illustres compatriotes les Deluc, les Bonnet, les Saussure, les Pictet, etc., qui se sont couverts d'une véritable gloire en vengeant la religion par leurs belles découvertes.

Agréez, Monsieur, avec l'hommage de ma profonde sensibilité, celui de ma parfaite considération.

t M. N. Evéque de Montpellier.

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