‹ MemoiresChapitre 95 sur 117 · LE MEME AU MEME, A MONTPELLIER · texte numérisé non relu

LE MEME AU MEME, A MONTPELLIER

(Sans date.) Mon cher ami,

Si l*honime que vous m'indiquez n*est pas encore nommé dans cette première fournée, c'est qu'il a fallu le temps de persuader un archipoissant personnage de ce pays-ci qui en voulait absolument un autre. On en est venu à bout, et je crois qu'on peut regarder la chose comme feite. Du moins, c'est en ce moment l'intention bien prononcée de notre chef. Ce qu'il y a de plaisant, c'est que si vous n'eussiez pas été si jeune et si huguenot, c'était vous qui passiez. Mais tenez tout ceci bien secret, pour ne pas réveiller les intrigues de là-bas, qui pourraient gâter de nouveau tout ce qu'on a fait. On ne saurait croire quelle activité de correspondance, et au besoin de calomnie, il y a entre les deux villes. Soyez encore averti, ou de ne pas rencontrer de procession, ou de lui lever votre chapeau, car cela est très-nécessaire pour faire son chemin en médecine.

Le conseil de l'université a été admis samedi au conseil d'État, pour discuter devant l'empereur quelques projets de règlement. On voulait confondre les recettes de toutes les facultés, de toutes les écoles, dans la caisse de l'université. C'était perdre de fond en comble l'école de Montpellier, car faisant ensuite un traitement égal à tout le monde, vous eussiez été presque réduits à votre fixe actuel. J'ai plaidé votre cause et celle de rémulation en général avec toute la force dont je suis capable ; l'archichancelier et l'empereur ont été de mon avis ; ainsi, je crois que vous me devez une belle chandelle.

Mes compliments bien sincères à M. Dumas '

.l'oubliais de vous dire que j'ai cédé à M. de Jussieu les fonctions ostensibles de vice-recteur de la médecine. Je conserve une partie du travail de bureau, et j'ai le vice-rectorat entier des sciences, tant Tuitérieur que l'extérieur ; ce qui me convient mieux et peut devenir beaucoup plus utile, parce que tout y est à faire. D'ailleurs, nos médecins sont presque aussi intrigants que les vôtres, et j'aspirais à en être débarassé.

< Dumas est mort le 3 avril 1813^ ce qui fixe, dans an sent, Pépoque de la lettre. Il était recteur et do yen de la Faculté de médecine. Je ne derîne pu de quelle place il s'agissait. (Alph. deC.)

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