‹ Mémoires authentiques d'une sage-femmeChapitre 43 sur 44 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

J'ai tout dit ; ma tâche est remplie ; je dépose la plume : mes bons lecteurs , fermez le guichet...

Ce livre n'a point été écrit pour faire flotter une nouveauté de plus sur le torrent capricieux de la vogue ; je sais que , par le temps qui court , les succès littéraires sont bien passagers. Mais les vérités , ramassées à la hâte dans les publications éphémères, s'attachent à la mémoire et s'y gravent. J'ai la confiance de croire que j'aurai été utile à mon sexe, en lui montrant, sous diverses formes, l'amorce qui lui est si souvent jetée dans la vie. J'aurai pu

servir encore à le mettre en défiance de ses propres penchans, si suaves au début , si amers dans leurs conséquences. Enfin, en dépouillant le mystère de ma propre vie , j'ai prouvé aux jeunes personnes trop confiantes que les tendresses les plus vives, les plus prodigues de protestations , ne sont souvent qu'un jeu subtil, un calcul perfide de la cupidité. Dans notre siècle progressif, on ne se borne plus a spéculer sur les apports du mariage 5 on trafique aussi des faiblesses de l'amour ; et dans ce dernier genre de commerce , le triste résidu des non-valeurs, des faillites, de la bonne foi comme de la fidélité, est toujours pour les pauvres femmes... Mon but sera rempli si je puis les avoir armées de quelques précautions...

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