CHAPITRE I
avant ni arrière, quoique son maître d'hôtel et son cuisinier y eussent déjà passé; et dans le lieu où il fut obligé de demeurer tout le reste du jour et le lendemain, il se trouva même qu'il n'y avoit pas de pain, si bien qu'il y reçut beaucoup d'incommodités, ce qui ne fit que lui augmenter son chagrin et le déplaisir que lui causoit le mauvais état des affaires présentes et de sa condition particulière, et de toute sa Maison.
Il est à savoir aussi que quelque temps auparavant ' il s'étoit tenu à Loudun un Synode national ou une Assemblée générale pour ceux de la Religion, et qu'après avoir donné leurs plaintes au Roi sur les infractions de l'Édit de Nantes et sur les mauvais traitements qu'ils recevoient, après avoir fait leurs demandes et nommé le Député général pour résider à la Cour, qui étoit le sieur de Favas, il arriva que, comme c'est l'ordinaire, ils furent commandés de se séparer et de se retirer, et qu'ensuite on répondroit à leurs cahiers.
Et comme le bruit étoit grand généralement partout qu'on avoit dessein de faire la guerre contre ceux de la Religion, et qu'avec cela on n'avoit pas grand égard aux plaintes qu'il faisoient de la frac-
1 Au mois de décembre 1619.
i62i. tion de l'Édit de Nantes et des mauvais traitements qu'ils recevoient partout, cela fit résoudre cette Assemblée avant de se séparer, qu'en cas de besoin, elle donnoit pouvoir à ceux de la Rocbelle d'y convoquer ladite Assemblé générale; et tous ceux qui étoient lors à Loudun, promirent de se rendre à la Rocbelle au premier mandement qu'ils en auraient, et en écrivirent à toutes les provinces pour y donner leur consentement et pour nommer d'autres députés, tant en la place de monsieur de Favas que de quelques-uns de ceux du tiers-état que l'on soupçonnoit d'avoir été corrompus.
Et comme c'est la coutume aussi qu'au retour des députés, on assembloit les Synodes dans les provinces, à qui ils donnoient connoissance de ce qui s'étoit passé dans leur délégation, par ce même moyen on élut aussi en Guyenne à la place de monsieur de Favas le sieur de Castelnaut, et deux du tiers-état en la place de ceux qui avoient été soupçonnés.
16M. Ici il serait encore nécessaire de reprendre les
eboses d'un peu plus haut, afin de donner mieux à entendre comment elles se sont passées et de représenter les divisions, mésintelligences et désavantages que ceux de la Religion ont reçus, et que si en quelque façon, ils se sont conservés et main-