CHAPITRE I
tenus, c'est à Dieu seul à qui il faut en donner la 1620. gloire; que lors même qu'ils avoient perdu toute espérance et ne voyoient plus nul remède ni ressource à leurs affaires, touchant leur conservation et l'exercice de leur religion, Dieu de qui toutes les œuvres sont des miracles, leur a redonné la vie et remis dans un état où jusqu'ici ils ont eu quelque liberté d'invoquer son saint nom, mais non avec la reconnoissance qu'ils y étoient obligés pour tant de grâces qu'ils avoient reçues par son moyen.
Nous dirons donc qu'après que le Roi eut été en octobre. Béarn et qu'il y eut soumis toutes choses suivant sa volonté, et contre la parole même que ceux qui avoient l'autorité et la conduite des affaires en avoient donnée, étant persuadé par le Père Arnoux qu'on n'étoit pas obligé de garder la foi aux hérétiques, qui est l'injure qu'ils employoient contre ceux de la Religion ; attendu que d'ailleurs on ne donnoit nulle satisfaction aux plaintes qu'avoit faites l'Assemblée générale de ceux de la Religion étant à Loudun, la ville de la Rochelle, selon l'ordre qu'elle en avoit reçu , reconvoqua ladite Assemblée *, jugeant qu'il n'étoit plus temps de temporiser, mais qu'il falloit que ceux de la Religion son-
1 L'Assemblée générale des Protestants, convoquée pour le 26 octobre, ne s'ouvrit que le 2o décembre.
1620. geassent à se mettre en état de se pouvoir conserver, vu qu'il étoit tout clair et évident qu'on alloit les attaquer.
Il se rencontra lors de ladite convocation, que le sieur de Castelnaut étoit détenu dans le lit d'une indisposition qui le lui lit garder plus de six mois; si bien que ne pouvant se rendre à la Rochelle, il en avertit monsieur de Théobon ' qui avoit été désigné au cas que si l'un des deux gentilshommes qui avoient été nommés, dont l'autre étoit monsieur le Marquis de Chàteauneuf 2, se trouvoit empêché de s'y rendre, il put y aller en sa place.
Mais le sieur de Théobon s'y refusa, alléguant que s'il eût été nommé aussi bien que les autres, qu'il y fût allé, mais que comme substitué, ce n'étoit pas son dessein. Cela obligea le sieur de Castelnaut d'envoyer sa réponse et les mémoires qu'il avoit reçus de la province à ladite Assemblée de la Rochelle par un gentilhomme, de quoi il reçut des remercimenls et prières que lorsque sa santé le lui pourroil permettre, de s'y vouloir bien rendre.
1 Son père ayant élé tué en Flandre en lfiOT, il fut élevé dans la maison de M. de la Force, dont il était parent, et devint le gendre de RI. de Partaîllan de Unisse.
2 N. de Pierre -Buffière, RIarquis de Chàteauneuf, neveu de M. de la Force , sa mère Philiberte de (iontaut, tille d'Armand de Gontaut Rlaréchal de France, étant sœur de madame de la Force.