‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 110 sur 233 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

SOMMAIRE

Mouvements en Basse-Guyenne. — Mécontentement de l'inexécution des promesses du Roi. — M. de Pardaillan part pour apaiser ces rumeurs. — Il est tué à Gensac par Savignac d'Eynesse. — La Marquise de Castelnaut, inspirée de l'esprit de Dieu, prêche la révolte en Guyenne. — Elle forme une entreprise sur Bergerac. — La trahison la fait échouer. — Siège de Monhurt. — Députation envoyée à la Rochelle aux Marquis de la Force et de Montpouillan. — Ils se rendent à Sainte-Foi, et font prier M. de la Force de venir les joindre. — Mort du Connétable de Luynes. — Le Marquis de la Force défait à Gontaut sa compagnie de gendarmes. — Reddition de Monhurt. — Retour du Roi à Paris. — Thémines et d'EIbœuf commandent en Guyenne. — M. de la Force part de Montauban. — Regrets des habitants. — Prise de Négrepelisse par les Montalbanois. — D'Eymet, Gouverneur de Saint-Antonin. — MM. de la Force et d'Orval s'assurent de Cadenac et de Figeac malgré Sully, auquel ces places appartenoient. — La Force se dirige par la Vicomte de Turenne. — Obstacles sur sa route. — Il oblige un juge, le pistolet sur la gorge, à lui laisser passer la Dordogne. — Il voyage au milieu des mousquetades, et gagne ses gîtes l'épée à la main. — M. de Bourzolles vient au-devant de lui et le conduit à Castelnaut. — Le Marquis de Castelnaut se rend à son château de Cugnac. — Surprise des dames à son arrivée. — Inaction du Duc d'EIbœuf, intimidé par le retour de M. de la Force. — Le capitaine Monlong se saisit de Moncucq. — M. de la Force se rend à Sainte-Foi. — Mort de M. d'Espalungue. — Entreprise de Castelnaut sur Monflanquin. — Elle manque par une panique de son infanterie, qui se débande à la vue d'un troupeau.

Monsieur de la Force étant demeuré ainsi quel- 1021.

306 MÉMOIRES DU MARGl'IS DE CASTELNAUT.

i62i. qucs mois à Montauban où l'hiver commençoit d'être assez rude, il apprend ce qui se passe dans la Basse-Guyenne, que nous rapporterons ci-après. Mais auparavant, je crois à propos de parler de la mort de monsieur de Pardaillan, cause principale de tous nos malheurs par la désunion qu'il jeta dans notre part i , et par la presse et les assurances qu'il avoit fait donner au Roi de s'en venir en Guyenne.

Durant le siège de Montauban ledit sieur de Pardaillan apprit que les peuples des environs de Dordogne murmuroient fort , et qu'on croyoit même que ceux de la Religion ëtoient en quelque volonté de reprendre les armes, vu les mauvais traitements qu'ils a voient reçus, et parce qu'on ne tenoit rien des belles promesses faites à ceux qui s'étoient soumis. Ces peuples reconnoissoient comme ils s'étoient trop facilement laissé persuader, et quoiqu'on leur eût donné à entendre qu'on n'en vouloit pas à la Religion , ils ne pouvoient plus douter que ce ne fût le principal sujet qui avoit amené le Roi en Guyenne avec toutes ses forces.

Monsieur de Pardaillan étoit peut-être aussi en quelque façon bien aise de celle occasion pour se faire mieux valoir et pouvoir plus facilement obte-

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