‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 111 sur 233 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

nir ce qu'on lui avoit fait espérer1 et qu'on ne té- ««"« moignoit pas avoir grande envie de tenir; et se faisant de fête, il promet absolument au Roi d'apaiser toutes ces rumeurs , et qu'il ne sera pas sitôt dans le pays que sa présence fera cesser toutes ces menées et pratiques.

Ainsi il part du siège de Montauban et s'en va du côté de la Dordogne et de Sainte-Foi , où les choses , quoiqu'on ne laissât pas de murmurer, n étoient pas fort échauffées; néanmoins dans l'intention et résolution de prendre les armes, sans que pourtant, il y eût eu encore un ordre établi parmi eux, ni grande intelligence, ni qu'on sût qui en seroit le chef, quoique tous avoient même pensée et même dessein, croyant que c'étoit le seul moyen de se pouvoir garantir de la ruine totale et infaillible dans laquelle ils prévoyoient qu'ils alloient tomber si le Roi venoit à bout de Montauban. Monsieur de Pardaillan arrive donc sur la Dordogne, mais il n'ose pas aller à Sainte-Foi apprenant que monsieur de Théobon, son gendre, étoit du nombre de ceux qui avoient dessein de prendre les armes, et que les esprits n'étoient pas disposés à fléchir à

1 « En se rendant Catholique , il devoit estre fait Mareschal de France, et avoir la Lieutenance de Roy en Guyenne. » (Fontenay- Mareuil, tom. Iet, pag. 523.)

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i62u toutes ses volontés, comme il eut désiré; mais lui toujours dans cette présomption, que rien ne lui résistera , ne voyant nul chef déclaré parmi eux , se rend à Gensac, et de là en ors, il se résolut d'écrire généralement à toute condition de personne ; et c'étoit l'endroit de toute la province , comme étant au voisinage de sa maison, où il croyoit avoir le plus de crédit et être le plus considéré et réputé. Voici donc que comme il avoit déjà fait une centaine de lettres, avec quatre ou cinq personnes qu'il faisoit écrire, sa venue avoit aussi alarmé plusieurs et mis en peine ceux qui avoient paru le plus échauffés et désireux d'engager tout le monde à prendre les armes avec eux ; un de ceux-là étoit Savignac d'Eynesse , lequel s'imaginoit que monsieur de Farda illan s'en pourroit aussi hien prendre à lui qu'à tout autre : dans cette inquiétude il se mit à prier Dieu dans un bois, pour le supplier de lui inspirer ce qu'il avoit à faire , ne sachant bonnement ce qu'il devoit devenir ni comment se garantir; puis soudain après cela, il prit résolution avec une vingtaine d'hommes qu'il avoit à lui, d'aller droit à Gensac, où il apprend qu'étoit monsieur de Pardaillan, et là de se défaire de lui.

Comme Savignac arrive dans ce lieu avec les gens qu'il menoit, et qui marchoienl précipitam-

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