CHAPITRE VIL
Garonne, ne trouvant nulle résistance et tout lui rendant obéissance, excepté la petite ville de Monhurt, place de sûreté, dont feu monsieur de Pardaillan étoit Gouverneur, et de laquelle néanmoins durant sa vie le Marquis de Mirembeau l, son fils, assisté de quelques-uns de ses amis, s'étoit saisi et rendu maître, ayant même dessein que ceux du côté de Dordogne, nonobstant les intentions de son père , et désireux de trouver sa conservation et celles des Églises de la Pieligion par la voie des armes. Ce qui fait bien voir comme les plus proches de monsieur de Pardaillan blàmoient son mauvais procédé, tellement que le Roi passant par là, son fils ne voulut pas se soumettre et rendre obéissance, ce qui obligea sa Majesté à assiéger Monhurt, ne croyant pas que cette petite ville pût tenir, ni résister longuement.
Celui donc qui avoit été député vers messieurs les Marquis de la Force et de Montpouillan , étant arrivé à la Rochelle, leur donne connoissance du sujet qui lavoit amené, et les conjure au nom de tous ceux de la Religion de la Basse-Guyenne de
1 Armand d'Escodéca, fils aîné de M. de Boisse-Pardaillan ; il s'était révolté après la mort de son père. Bassompierre prétend qu'il avait quelque pratique avec lui, et qu'il s'en tint à 4,000 écus pour remettre Monhurt au Roi.
1821. ics vouloir assister et commander, et quand et quand leur porta aussi des lettres de madame la Marquise de la Force pour les y convier, n'y ayant point de doute que c'étoit elle qui les animoit, et par l'avis et conseil de laquelle on se gouvcrnoit, car elle avoit été la cause principale de tout ce qui se passoit.
Ces messieurs les Marquis ayant donc agréé la prière et sollicitation qui leur étoit faite, en parlent à messieurs de l'Assemblée de la Rochelle, comme aussi à messieurs du Corps de Ville qui tous approuvent bien fort leur dessein, très-aises d'apprendre que la plupart commencent à se réveiller de la stupidité dans laquelle ils avoient été. Les Marquis de la Force et de Montpouillan partent donc et se conduisent à Sainte-Foi où les attendoit la Marquise de la Force.
Mais il est important de dire que durant le temps qu'on étoit allé les chercher, quelques flatteurs avoient abordé monsieur de Théobon et lui avoient mis dans la fantaisie que tenant la principale et presque la seule place qui étoit Sainte-Foi, et se trouvant lors seule personne de condition d'entre ceux qui avoient pris les armes, qu'il auroil bien pu se maintenir dans l'autorité cl garder le commandement ; si bien que lui qui; naturellement