‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 116 sur 233 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

a un peu de prétention et d'ambition, d'ailleurs »***• tout à fait homme de cœur, commença à goûter ces flatteries et eut bien voulu n'avoir pas envoyé chercher les Marquis, lesquels étant venus, il fit quelque difficulté de leur céder et de les reconnoitre; cela pensa causer de la mésintelligence entre eux, mais ces messieurs qui étoient prudents et n'avoient que de bonnes intentions, pour ne porter les affaires dans la division et ne pas empêcher les progrès qu'ils s'en promettaient , proposent des expédients ; c'est qu'il fût arrêté que monsieur de Théobon commanderoit dans Sainte-Foi, et que lui et le Marquis de la Force céderoient le commandement des petites troupes qu'ils avoient, à monsieur de Montpouillan, le tout en attendant monsieur de la Force vers lequel ils envoyoient à Montauban pour le supplier de venir en Guyenne, afin d'y ordonner et commander ce qu'il y avoit à faire, tout le monde généralement promettant de le reconnoître, comme ils y étoient obligés. Voilà donc qu'ils députent vers lui, et soudain qu'il en eut appris la nouvelle, et ce qui se passoit en Guyenne, il se dispose d'y aller.

En attendant cela, les petites troupes que ces messieurs avoient assemblées, se mettent à la campagne, sous le commandement et conduite de

»62i. monsieur de MoMpouillan qui s'en acquitta trèsdignement ; se promenant dans la province, il fit plusieurs petites expéditions qui réussirent assez avantageusement pour le parti de ceux de la Religion.

iï novembre. Cependant le siège de Monhurt se commence, ceux de dedans se défendent merveilleusement, v ayant un très-brave homme ' sous la conduite duquel tout s'y gouverne, monsieur le Marquis de Mirembeau étant encore jeune et n'ayant jamais vu de guerre; et c'est sans difficulté et selon l'opinion générale que si ce brave homme ne se fut pas exposé jusqu'à se faire tuer, qu'il eût conservé la place, et qu'on auroit été obligé à lever le siège.

Mais durant icelui, il y a deux choses à dire, l'une que le Connétable de Luvnes2 v tomba mais décembre lade dont il mourut; l'autre que le Marquis de la 26 novembre Force fit une entreprise sur Gonlaut où la compagnie des gendarmes de monsieur le Connétable étoit logée, distante d'environ deux lieues de Monhurt : monsieur le Marquis de la Force n'ayant pas de retraite plus proche qu'à six ou sept grandes lieues de

1 Labrouc, qui fut emporté le 10 décembre d'un boulet de canon.

2 11 mourut d'une fièvre pourprée à Longueiilc prèl Monhurt : » 11 ne fut guère plaint du Roi, dit Bassompicrre, et les affaires changèrent de face aussi bien que la Cour. »

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