‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 118 sur 233 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

avec messieurs ses enfants et partie de ceux de la Basse-Guyenne qui y avoient été durant le siège, monsieur le Comte d'Or val le voulut aussi accompagner, à dessein de voir son père qui étoit à Cadenac.

Ce ne fut pas sans recevoir mille bénédictions généralement de toute la ville et mille bonnes prières pour sa conservation, avec tant de louanges et de remerciments qu'il ne s'en pouvoit faire davantage , mais toutes ces louanges et acclamations ne laissoient pas d'être accompagnées de pleurs et de regrets de ce que monsieur de la Force s'en alloit, et de voir quand et quand qu'ils seroient privés de ses sages avis et assistances, priant Dieu de le vouloir conduire, ce que fit monsieur Béraud, Pasteur, toute la troupe étant à cheval.

Ce même jour le capitaine Marmonier devoit exécuter une entreprise sur Negrepelisse qui hâta le départ de monsieur de la Force, lequel n'étoit pas encore bien remis de certaine indisposition qui lui avoit fait garder le lit, mais pour le désir de favoriser ladite entreprise, il monta à cheval, jugeant bien que lui étant à la campagne, cela empê-

estre enterré, au lieu de prestres qui priassent pour luy, je vis de ses valets jouer au piquet sur son cercueil.» ( Fontenay-Mareuil, tom. I, pag. 527.)

ion. chcroit les garnisons voisines de Réalville, Caussade et antres d'oser se mettre en devoir d'assister celle de Negrepelisse ; l'exécution en étant assez difficile pour y avoir ville et château qu'il falloit forcer l'un après l'autre, ce que Dieu permit qui arriva1 le même jour nonobstant la résistance qui y fut faite.

Après cela, monsieur delà Force s'achemina vers Saint-Antonin où le Comte d'Orval et le sieur d'Eymet l'attendoient, lequel sieur d'Eymet y fut reçu pour Gouverneur2, et accompagnés de vingt ou vingt-cinq chevaux du lieu, ils allèrent coucher à Cajarc lequel on rassura pour le parti , et de làà Figeac qui avec Cadenac dépendoit de monsieur de Sullv. Ledit sieur avoit tenu le parti du Roi, sans néanmoins faire la guerre, mais ceux qui commandoient dans la citadelle de Figeac se voyant appuyés, y reçurent le Comte d'Orval, et de là on fut à Cadenac trouver monsieur de Sully. C'étoit une place forte et comme imprenable à cause de son as-

1 « Les habitants de Xégrepelisse, qui avoient esté ramenés à l'obéissance par le Duc de Mayenne, ayans donné entrée aux ennemys du Roy, quatre cents hommes du Régiment du Raron de Vaillac qui y estoient en garnison furent égorgés. » (Mercure François, tom. VIII, pn-. i'. '..

- Balaguier, qui en était (iouverneur, avait été fait prisonnier peu auparavant par les Royaux, lors de lattaque de C.aussade.

Page 1