CHAPITRE VH
siette, aussi y avoit-il établi sa demeure pour la »«"• sûreté de sa personne et de son argent ; il témoigna d'abord force mécontentement, néanmoins on s'assura du lieu en quelque façon, le Comte d'Orval se faisant fort qu'il y conserveroit son autorité ; le bonhomme ne demandant que paix et ne voyant pas que les choses y fussent disposées ni du côté de monsieur de la Force, ni de celui de son fils l, et qu'il ne s'en pouvoit promettre autre chose, fut contraint d'en demeurer là, aussi par leur entrevue ils ne gagnèrent rien sur lui, mais on ne laissa pas de mettre dans ses deux places de bonnes forces, tant de gens de pied que de cheval.
Monsieur le Comte d'Orval avoit fait espérer à monsieur de la Force qu'il auroit là de l'argent, dont il avoit grand besoin, mais c'est ce que monsieur d'Orval ne put jamais obtenir de son père, et bien servit à monsieur de la Force qu'avant de sortir de Montauban, on lui en eût prêté quelque peu sous le nom de monsieur de Castelnaut,
Pendant le séjour de deux ou trois jours qu'on avoit fait à Figeac, monsieur de la Force avoit envoyé vers monsieur de Yassignac, Gouverneur de la Vicomte de Turenne, pour savoir s'il y auroit
1 François de Béthune, Comte d'Orval, et gendre de M. de la Force, était le second fils de M. de Sully.
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i62i. un passage libre et assuré. Ledit sieur lui envoya son neveu pour le lui promettre et pour le conduire, car on avoit mis en question quelle route il devoit prendre pour plus de sûreté, la voie la plus courte étant la plus dangereuse, attendu que les troupes que commandoit monsieur d'Angoulême, si elles en étoient averties et qu'elles s'y fussent disposées, y pouvoient apporter beaucoup d'empêchement , n'y ayant pas de doute que le départ de Montauban de monsieur de la Force n'eût fait assez de bruit pour être connu d'eux. D'ailleurs dans le pays même qu'il falloit traverser, il y avoit assez de gens qui lui eussent pu empêcber le passage, en outre on étoit obligé de faire une traite de vingt-quatre heures et sans repaître; cela fit résoudre de passer par la Vicomte de Tu renne, sur les assurances que donnoit monsieur de Vassignac, quoique par là il y ait trois ou quatre journées de chemin.
On part donc bien bon matin de Figeac (où le Comte d'Orval demeura), par un grand froid, avec grêle et neige et toutes sortes de mauvais temps, pensant se loger à une petite ville de la Vicomte, nommée Saint-Céré; quoique le neveu de monsieur de Vassignac et même le Gouverneur du lieu y fussent, et bien que les logements eussent été déjà faits,