CHAPITRE I
Et comme il fut longtemps malade, monsieur de ira». Pardaillan et monsieur de Lusignan se voulurent servir de cette occasion : le premier pour y pouvoir envoyer M. de Théobon, son gendre, ou quelque autre qui fut à sa dévotion; et l'autre pour y aller lui-même.
Et pour cet effet ils font assembler à Clairac le Conseil de la province lequel étoit composé pour chaque Colloque d'un gentilhomme, d'un pasteur, d'un du tiers-état et d'un des Gouverneurs des places de sûreté , et pour le rendre plus authentique, on y ajoutoit quelquefois deux ou quatre des plus qualifiés gentilshommes de la province.
Il arriva que monsieur de Castelnaut ne pouvant pas encore marcher, il commençoit de se promener à cheval ; étant averti de cette convocation, comme étant membre du Conseil de la province, il s'y conduisit avec beaucoup de peine. Ils furent bien surpris de le voir; néanmoins ladite proposition ayant été faite de vouloir nommer un député pour envoyer à la Rochelle , il prit la parole et leur représenta : premièrement que ledit Conseil n'avoit pas droit de nommer un député, que cela n'avoit jamais été fait et qu'il n'y avoit que la province en corps qui le pût.
Deuxièmement , que dés qu'il seroit en état de
1621. s'y pouvoir conduire , qu'il étoit résolu de s'y en aller.
Troisièmement, il leur fit voir la lettre que ladite Assemblée lui avoit fait l'honneur de lui écrire pour le prier de s'y vouloir rendre,
Si bien que ces messieurs se voyant par ce moyen frustrés de leurs espérances , furent contraints de s'en arrêter là.
Il arriva encore que comme les choses s'éehauffoient, monsieur de Castelnaut s'étoit retiré à Bergerac dont il étoit Gouverneur, et qu'avec ceux du lieu, ils prirent résolution et suivant les ordres qui leur avoient été envoyés de la Rochelle , de travailler à leurs fortifications; et comme ils avoient commencé de le faire , monsieur de Castelnaut voulut partir pour la Rochelle, mais ceux de Bergerac le prièrent de retarder son départ jusqu'à ce qu'ils y eussent envové pour demander de trouver bon qu'il pût demeurer là encore quelque temps , comme leur étant très-nécessaire et pour leur conservation et pour faire avancer le travail de leurs fortifications ; à quoi messieurs de l'Assemblée répondirent fort civilement, et leur accordèrent trois mois, conjurant monsieur de Castelnaut de s'y vouloir rendre après ce temps-là.
Etant survenu quelque changement au Gouver-