‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 152 sur 233 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

offices, et le rendre suspect, pour se venger de lui 16Mà cause qu'il n'avoit pas voulu quitter ce parti, et il demanda permission de lui envoyer un trompette et offrir le combat contre lui , ce qui lui fut refusé.

Cependant dès le lendemain matin, on voit les ennemis se préparer et témoigner avoir envie de faire quelque chose; c'étoit le jour des Rameaux: 20 ma». et tandis que monsieur de la Force oyt le prêche et qu'il se dispose avec la plupart de ceux qui étoient là, à faire la Cène, monsieur de Castelnaut étant aussi venu seul et de son quartier à pied, on rapporte donc que tant la cavalerie que l'infanterie de l'ennemi, tout se met en bataille, et qu'on voit même marcher après eux des pièces d'artillerie.

Sur cette nouvelle, le sieur de Montpouillan sort du temple pour aller voir ce que c'est, et mettre les gens qu'il avoit dans la ville en état, et le sieur de Saint-Léger en fait autant, qui faisoit la charge de Maréchal de camp, pour pourvoir aux corps de garde qui étoient hors la ville à un lieu nommé la Campagne.

L'action finie, monsieur de la Force sort aussi pour aller re.connoître la contenance de l'ennemi, n'ayant pas cru que messieurs d'Elbœuf et de Thémines eussent eu assez de monde pour pouvoir

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entreprendre de serrer toute la ville, vu mèmement qu'il y avoit de très-bons corps de garde es environs en de grandes maisons desquelles l'assiette étoit excellente et bien fossoyées tout à l'entour, et avec cela les avenues bien barricadées. Il jugea néanmoins qu'il falloit croire que c'étoit leur dessein , et envoie partout, recommandant à un chacun de se mettre en état, et surtout au lieu nommé la Campagne où les gens de cheval de messieurs de Théobon et de Saint-Léger étoient logés.

Cependant monsieur de la Force ayant vu la contenance de l'ennemi , va promptement manger un morceau et prend avec lui monsieur de Castelnaut, lequel ne perd pas de temps de mander à ses gens de se retirer à Clairac, de lui amener un cheval et de lui apporter ses armes. Il se trouve aussi que la plus grande partie de sa troupe s'en y étoit allée soit pour y ouïr le prêche, soit pour d'antres nécessités; il se rencontre encore que le bagage de monsieur de la Force étoit logé là auprès, et que la plupart de ses gens en étoient absents. Soudain ils retournent faire la visite des fortifications, ordonnant ce qui leur sembloit nécessaire pour s'opposer aux desseins des ennemis au cas qu'ils les voulussent attaquer, car presque partout on pouvoit monter Bur Les bastions, el les lieux les mieux réparés,

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