CHAPITRE X
SOMMAIRE
Assaut donné à Tonneins-Dessus. — Les assiégeants repoussés avec grande perte. — Le Conseiller Duduc, prisonnier à Clairac, corrompt MM. de Théobon et de Lusignafi. — M. de la Force revient se montrer avec sa cavalerie aux habitants de Tonneins. — M. de Castelnaut leur apporte de la poudre. — Entreprise manquée sur Aiguillon. — La Force veut se saisir de Monhurt, le sieur de Savignac s'y refuse. — Grand bateau chargé de troupes, de vivres et de munitions pour secourir Tonneins. — Savignac fait échouer une attaque sur un quartier de l'armée royale. — M. de la Force s'adresse à MM. d'Orval, de Bourzolles et d'Eymet pour avoir des troupes. — Le bateau de secours arrive à Tonneins malgré les mousquetades et la flottille des ennemis. — Le Marquis de la Force s'empare d'une église fortifiée près de Bergerac. — II attaque un moulin près de Casseneuil et s'en saisit. — M. de la Force se rend à Moriflanquin. — Entreprise sur Bergerac. — Elle échoue par la faute d'un capitaine. — Défection du Comte d'Orval, gendre de la Force. — Arrivée de MM. d'Eymet et de Bourzolles avec quelque renfort de cavalerie.
Ce même dimanche des Rameaux , l'assaut fut 1622. donné à Tonneins, et quoiqu'il fût très-rude et qu'ils fussent très-vigoureusement attaqués, néanmoins, nonobstant le mauvais état auquel ils étoient, ils se défendirent avec tant de résolution et de
courage que les ennemis furent repoussés avec iv. 26
1622. très-grande perte et de plusieurs chefs et officiers, et de grand nombre de soldats. Le combat fut si long et si opiniâtre que ceux de dedans y employèrent presque toute la poudre qu'ils avoient, tellement que monsieur de Montpouillan après cela se trouva bien empêché et en belles peines pour n'avoir plus de poudre, se voyant hors de moyen, s'il étoit attaqué derechef, de pouvoir résister. Il est vrai que les ennemis avoient été si rudement traités qu'il n'v avoit pas d'apparence de rien appréhender, et qu'ils fussent en état de faire un nouvel effort, mais monsieur de Montpouillan ne manqua pas dès le soir même, d'envoyer un homme à monsieur de la Force pour lui faire savoir de leurs nouvelles, pour en apprendre aussi d'eux, et pour demander de la poudre ; il ne s'en trouva le soir qu'un demi-quintal que monsieur de Castelnaut faisoit toujours porter avec lui, lequel leur fut aussitôt envoyé , et deux jours après , il en donna encore trois quintaux.
Il importe ici cependant, avant de passer outre, de donner connoissance de la manière dont toutes choses se gouvernoient. Il a été dit que., lors de la prise de Clairac, monsieur Duduc, Conseilla1 du Parlement de Bordeaux, y avoit été fail prisonnier; on l'y avoit depuis toujours gardé, ce qui fut cause