CHAPITRE X
en partie de beaucoup de malheurs et de désavan- »«». tages à tout le parti, et particulièrement de la perte de Tonneins, car vous avez à savoir que monsieur de Lusignan, qui, à tout événement, vouloit toujours se précautionner et pourvoir à sa sûreté ainsi qu'à ses affaires , se laissant enfin corrompre par la fréquente communication qu'il avoit avec monsieur Duduc, s'engagea de promesse à servir le Roi. Monsieur Duduc en ayant donné avis, l'avoit assuré aussi de mille belles récompenses; et monsieur de Lusignan ne fut pas le seul, car monsieur de Théobon s'engagea aussi de même, et il est nécessaire que cette particularité soit bien sue, afin d'avoir une plus claire et intelligente connoissance de beaucoup de choses qui se diront ci-après et qui justifieront ce qui est dit ci-dessus ; comme par exemple, qu'on ne pouvoit obtenir de monsieur de Lusignan ni en arracher, s'il faut ainsi dire , que comme par force, toutes les choses dont on avoit nécessité pour envoyer à Tonneins, se couvrant de ce prétexte que si Tonneins étoit pris, Chirac pourroit en avoir besoin.
Monsieur de la Force ne manqua pas la nuit d'après sa retraite , de monter à cheval avec tout ce qu'il put rassembler, et s'en alla jusqu'auprès de Tonneins afin de faire voir aux assiégés qu'il ne
1622. lui étoit pas arrivé chose qui le pût empêcher d'avoir souci deux et de les assister, ainsi qu'il le leur manda par celui qui leur porta la poudre, qui à la faveur de la nuit et comme «sachant bien les avenues, passa au travers des corps de garde et des sentinelles, puis fit faire plusieurs grands feux dans la ville pour signal de son arrivée. Le lendemain matin monsieur de la Force remonta encore à cheval et fut à la vue de ceux de Tonneins sur les coteaux les plus proches du lieu, d'où il pouvoit être facilement reconnu par les assiégés , quoique pendant tout cela les ennemis ne s'émurent point et ne se mirent jamais en devoir de venir à lui.
Et cependant comme ceux de Tonneins avoient autant de nécessité de poudre que de toute autre chose, monsieur de Castelnaut fut à Monflanquin, où il avoit trouvé moyen d'en recouvrer, et en rapporta huit ou dix quintaux qui leur furent envoyés; les communes ne laissèrent pas de s'assembler pour s'opposer «à son chemin, mais il eut ce bonheur de passer, soit qu'ils n'osérenl pas l'attaquer, soit qu'ils ne se rencontrèrent pas sur sa route.
Et comme les troupes de messieurs d'Elbœufel de Thémines avoient entièrement investi ledit Ton-