‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 166 sur 233 · CHAPITRE X. k\l · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. k\l

l'adresse nécessaire, et de même le chemin et l'ordre 1622qu'il avoit pris pour ce sujet, il mande donc à la garnison d'Eymet de se rendre sur le Dropt es environs de Villeréal, où les autres troupes étoient logées; comme aussi au capitaine Monlong qui étoit à Moncucq et au capitaine la Bruyère, qui firent environ deux cent cinquante hommes de pied ; on en prit autant de la garnison de Monflanquin, et avec ceux que les sieurs de Savignac d'Eynesse et de Tedelmas avoient amenés de Chirac, le tout ensemble pouvoit faire huit cents hommes de pied.

Mais comme il est malaisé, quelque soin qu'on en puisse prendre et pour si bien qu'on veuille ajuster les choses, que d'un côté ou d'autre, il n'arrive toujours quelque manquement, monsieur de la Force ne put pas se rendre au jour qu'il avoit marqué à Monflanquin, ayant été retenu pour des affaires auxquelles il étoit obligé de pourvoir; et ce retardement, ainsi que celui des troupes qui dévoient se rendre au lieu assigné, fut cause que les choses ne se purent exécuter comme on se l'étoit promis, ce qui sera dit ci-après.

Il faut donc savoir que pour l'exécution de ce dessein, et pour en pouvoir conduire plus facilement l'entreprise, monsieur de Castelnaut par ses

intelligences s'étoit assuré que sept ou huit grands iv. 27

1622. bateaux monteroient par la rivière de Dordogne es environs de Lanquais, au-dessus et au-dessous, ce qui se pouvoit faire à cause du commerce, sans donner de l'ombrage , mèmement à cause du siège de Tonneins où on croyoit tout le monde assez occupé. Monsieur de Castelnaut faisoit état qu'avec lesdits bateaux et d'autres qui se trouveroient encore sur les lieux; il pourroit embarquer le nombre de gens nécessaires pour ladite entreprise. Ayant donc déjà eu des nouvelles que les bateaux étoient montés, monsieur de la Force part de Monflanquin, fait passer le Drot à toutes les troupes et va coucber à Roquépine. Dès qu'il fut arrivé à Monflanquin, l'alarme s'étoit répandue par tout le pays. Villeréal croyoit que c'étoit à lui qu'on en vouloit, chose facile à penser, et même ceux de ce lieu ne se tenant pas assurés de pouvoir être secourus par monsieur d'Elbœuf vers lequel ils avoient envoyé, ils firent offrir de l'argent à monsieur de Castelnaut. Issigeac prend de même l'épouvante, comme fait aussi Beaumont, et ceux de ces deux endroits envoient la nuit demander du secours à monsieur de Rambures à Bergerac, qui bien éloigné de soupçonner que ce soit à lui qu'on en veuille, fait sortir ce jour-là deux cents hommes de sa garnison pour aller les assister.

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