CHAPITRE X
d'affaires à la garnison de Bergerac ( car les choses **»• étoient très-aisées de tous les trois côtés, tellement qu'il étoit impossible de n'y pas réussir ) , il fut contraint, néanmoins, vu le peu de gens qu'il avoit, qui ne pouvoient être que d'environ quatre cents hommes, à ne donner que d'un seul côté, et après avoir reconnu les siens, les disposa en troupes diverses, le mieux qu'il put et vu le peu de temps qui restoit à aller au jour, les instruisant de ce qu'ils avoient à faire; car les mémoires qu'il avoit auparavant donnés sur ce sujet, étoient à présent inutiles; tout cela se faisoit donc à mesure que les troupes arrivoient, et toujours en marchant, ce qui lui donnoit beaucoup de peine, et étant contraint d'aller deçà et delà, cela l'empôchoit de pouvoir être avec les plus avancés.
Cependant monsieur de Castelnaut a nouvelles que le lieu par lequel il se propose d'entrer dans Bergerac, est en bon état, et qu'à la fermeture des portes, il n'y avoit nulle sorte d'alarme, ni connoissance qu'on s'approchât d'eux -, de plus il apprend que le trou par lequel on devoit donner, étoit fait, et qu'il n'y avoit plus qu'à marcher, ce qu'il faisoit faire avec le plus de hâte qu'il lui étoit possible ; mais néanmoins ce ne put être que le jour ne fut déjà assez clair.
i«2. Et comme monsieur de Castelnaut ne se trouvent pas à la tète de ses gens, à cause de tous les soins qu'il prenoit, car monsieur de la Force ni le Marquis n'avoient point encore pu passer la rivière, voici qu'il est tout étonné de voir que les troupes s'arrêtent, et il ne pouvoit en imaginer la cause, car ils étoient si près des murailles, se trouvant dans les fossés de la courtine des nouvelles fortifications démolies, que les premiers n'étoient pas à cinquante pas du lieu où on avoit fait le trou par lequel ils dévoient entrer. Cependant il voit revenir à lui un nommé Larquay (quiétoitun de ceux qui avoient été chargés de faire faire le trou, et qui avoit demeuré toute la nuit en lieu d'où il le pouvoit voir avec ceux qui en avoient déjà fait le rapport), accompagné de quelques-uns de ceux qui avoient été ordonnés pour donner les premiers et auxquels on se fioit grandement, tant à cause de leur courage que parce qu'ils connoissoient bien l'endroit; et véritablement monsieur de Castelnaut n'auroit jamais cru qu'ils fussent venus si mal informés et avant de s'être mieux éclaircis de la vérité. Voici donc le rapport qu'ils lui firent : Larquav dit qu'ayant vu de la lumière par le trou par lequel on devoit entrer dans la ville, ( or notez que le lieu étoit si aisé à aborder que non-seulement un lionum-