CHAPITRE
chelle, si bien que cela obligea le Prësidial de se 1021. retirer et ne firent pas ce jour-là la Cène.
L'autre chose, c'est que le temps étant aussi arrivé que les bourgeois ou ceux qui sont du Conseil de la ville s'assemblent afin d'élire trois personnes , l'une desquelles devoit entrer dans la charge de Maire, la coutume étant qu'ils les présentoientau Sénéchal qui étoit pour lors monsieur de Loudrière, et il nommoit un des trois.
Le Conseil envoya des députés vers monsieur de Castelnaut qui étoit alors seul dans sa chambre ; d'abord qu'il les vit, il ne put juger à quel dessein ces messieurs venoient, n'ayant pas accoutumé de recevoir de semblables visites, lorsque l'un d'eux prenant la parole, lui dit qu'ils étoient là de la part de messieurs du Corps de ville assemblés pour la nomination des trois personnes, desquels l'un d'eux devoit être choisi pour entrer en la charge de Maire, et pour le supplier d'en vouloir nommer trois, l'assurant que de ces trois, ils en porteroient les deux.
Monsieur de Castelnaut s'imagina que leur dessein étoit de déférer cet honneur à l'Assemblée et non pas à lui. Après leur avoir fait le compliment qu'il jugea à propos, il ne manqua pas à leur dire qu'il en feroitpart à l'Assemblée; lorsqu'ils lui re-
i62i. parurent : Non, Monsieur, ce n'est pas à l'Assemblée que nous avons charge de nous adresser, mais seulement à vous.
Sur quoi il se voulut excuser, alléguant qu'il y avoit si peu de temps qu'il étoit à la Rochelle , qu'il y connoissoit si peu de personnes qu'il lui seroit impossible d'en faire le choix, et qu'il les supplioit d'agréer qu'il en communiquât à l'Assemblée pour avoir leur avis.
Derechef ils lui dirent qu'ils n'avoient pas cette charge, mais que c'étoit à lui seul qu'ils avoient ordre de s'adresser.
Cet honneur rendoit confus en quelque façon monsieur de Castclnaut, attendu même qu'il ne s'est jamais su qu'ils l'eussent déféré à un autre, et quoiqu'il s'en voulut défendre, ils continuèrent à le presser et à lui dire que la Compagnie qui les avoit envoyés, l'en supplioit bien fort.
Sur quoi il leur répondit : Messieurs , je vous demande donc encore un peu de temps.
Ils lui dirent qu'il en useroit comme il lui plairoit, et qu'ils reviendroient le lendemain pour chercher La nomination; puis ils se retirèrent.
Monsieur de Castelnaut communique à plusieurs de ceux qu'il estimoit être capables de lui donner leur avia, eJ entre autres à monsieur de la Chape-