CHAPITRE I
dération que les choses ne se portassent aux extré- Mft. mités. Il fut bien reçu de l'Assemblée, non sans le soupçon de quelques-uns, qu'il n'y eût été aussi envoyé à d'autres desseins^ de quoi le peuple de la Rochelle fut bien plus fort persuadé; et comme c'est leur ordinaire de s'émouvoir facilement, lorsqu'ils croient qu'il se trame quelque chose à leur préjudice ou contre leur intention, ils se soulèvent et s'en vont au logis de monsieur de Yillarnoul à dessein de le prendre et pour lui faire du déplaisir ; ce dont l'Assemblée étant avertie, ces messieurs vont en Corps trouver cette populace, pour leur représenter combien ces émotions étoient dangereuses et nuisibles, et pour empêcher que monsieur de Villarnoul ne tombât entre leurs mains; mais elle ne les vit pas sitôt approcher que soudain ils se retirèrent, et il demeura en liberté. Quelques jours après il s'en retourna, non avec le succès qu'il s'en étoit pu promettre.
Il est encore nécessaire de représenter ici que monsieur de Favas qui étoit Député général à la Cour, au lieu de travailler aux affaires de ceux de la Religion, et de se contenter des offres raisonnables qu'on leur faisoit, se montrant difficile et pensant par là faire sa condition meilleure, n'en agréoit pas une, faisant plusieurs demandes avan-
i62i. tagcuses pour lui mais irraisonnables, comme d'être fait Maréchal de France, et après encore plusieurs autres. Ce que ne pouvant obtenir, il refusoit tout ce qu'on vouloit accorder en faveur de ceux de la Religion, croyant qu'on aimeroit mieux le contenter que de porter les choses dans les extrémités ; et finalement par son obstination et mauvaise conduite, il fut contraint de se retirer à la Rochelle.
Or avant de passer outre , il faut que je die quelques particularités touchant monsieur de Castelnaut dont l'une est bien remarquable : c'est que durant le mois qu'il présida en l'Assemblée, il y arriva deux choses : l'une du temps qu'on eélébroit la Cène, qu'il fut averti par le Consistoire d'être le premier à se présenter à la table, et ne songeant pas que c'étoit à l'occasion de ce qu'il président, et ne voulant pas être des premiers, il attendit que d'autres eussent passé; sur cela le Président de la ville de la Rochelle, comme c'étoit sa coutume, s'avançant pour venir à la table, le ministre l'envova arrêter par un Ancien, et quand et quand en envoya un autre à monsieur de Castelnaut pour le faire venir. C'est parce qu'il disoit qu'il y avoil une grande différence entre le Corps des Églises de Fiance assemblées en un et le Présidial de la Ro-