CHAPITRE XI. Û
capitaines ne veulent pas rompre leur serment, ni «a. la capitulation qu'ils avoient faite à Tonneins, bien qu'on ne l'eût pas observée vis-à-vis d'eux, entre autres le Vicomte de Castets ; pour les gens de cheval, comme le Baron de Beynac et le sieur de Bourzolles, ainsi que tous les autres, chacun se voulut retirer, bien que ce fût avec la promesse de revenir dans peu de temps retrouver monsieur de la Force à Sainte -Foi, lequel y arriva n'ayant pas cinquante chevaux avec lui; monsieur de Castelnaut se retira également à Monflanquin.
Monsieur de la Force n'est pas sitôt rentré à Sainte-Foi, qu'il apprend le progrès que faisoient partout les armes du Roi, lequel s'acheminoit en diligence en Guyenne avec toutes ses forces ; cependant il avoit fait avancer monsieur le Prince, qui s'en vint droit à Sainte-Foi, où il ne croyoit pas trouver de résistance, et sans marchander, il avoit fait marcher ses troupes jusque proche des fortifications; l'escarmouche y fut fort rude entre ses gens et ceux qui sortoient de la ville, lesquels eurent tout l'avantage sur les autres, les repoussèrent et les chassèrent bien loin, mais ce ne fut pas sans leur y faire laisser bon nombre des leurs.
Cependant comme ils ne se contentoient pas de venir à bout de leurs desseins et entreprises par les
armes, ils avoient toujours avec cela des entremetteurs pour gagner, corrompre et attirer à eux tous ceux qu'ils pouvoient; parmi ceux-là, monsieur de la Force ne fut pas encore oublié, mais les offres qu'on lui faisoit, étoient avec des conditions si désavantageuses qu'outre qu'il n'espéroit rien de bien de tous ces traités, sacbant par expérience qu'on ne tenoit rien des promesses qu'ils faisoient, et qu'avec cela, il ne vouloit pas faire un traité pour lui seul et sa Maison, ce à quoi on le sollicitoit, ni même ensuite pour le particulier de Sainte- Foi, et quoique très-foible en nombre d'hommes, et très-mal pourvu des choses nécessaires pour soutenir un siège (car tous ceux qui lui avoient promis de lui mener des gens et de se jeter dans Sainte-Foi, furent bien aises de s'excuser sur la venue de monsieur le Prince qui leur ôtoit le moyen de pouvoir s'y rendre, et ainsi s'en retournèrent chez eux) ; néanmoins monsieur de la Force témoignoit-il une grande résolution de se vouloir défendre et de ne rien appréhender.
Cependant le pauvre monsieur de Montpouillan qui étoit demeuré à Chirac, va toujours empirant, la plaie s'étant si fort envenimée pour avoir été mal pansée et à cause de la mauvaise nourriture qu'il avoit prise, qu'il fut impossible d'y pouvoir appor-