‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 186 sur 233 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

SOMMAIRE

Pratiques de M. de Théobon pour livrer Sainte-Foi au Prince de Condé. — La Force empêche les habitants de lui faire un mauvais parti. — Ils le chassent de leur ville. — Le sieur de la Ville-aux- Clercs arrive de la part du Roi. — Négociations entamées. — 11 cherche à intimider M. delà Force, et lui offre seulement de traiter pour lui et les siens. — La Force repousse cette proposition. — Il invite M. de Théobon à assister aux conférences. — Il traite pour Sainte-Foi et toute la Basse-Guyenne , sans vouloir rien stipuler pour ses intérêts. — La paix conclue sur ces bases, le Roi fait son entrée dans Sainte-Foi. — M. de la Force reçoit le bâton de Maréchal de France. — Promesse de deux cent mille écus pour l'indemniser des charges dont il avoit été dépouillé. — Il ne touche qu'une partie de cette somme. — Le Marquis de la Force part pour Cadenac. — Il combat pendant son voyage jusqu'à dix-huit fois en un jour. — Il se saisit de la ville et y rançonne le Duc de Sully.

— Théobon se retire vers Monflanquin dans l'espoir de s'en emparer. — Castelnaut en défend l'entrée à ses troupes, mais lui donne à dîner. — Il le loge aux environs de la ville. — M. de Montferrand* offre à Castelnaut de lui acheter Monflanquin. — Ce dernier le refuse , et y reçoit les troupes du Roi. — Maladie du Maréchal de la Force. — Il se retire à Cugnac. — Une lettre du Roi lui est apportée au milieu d'un accès de délire. — Réponse qu'il y fait. — Le Marquis de la Force remet Cadenac à S. M. — Théobon veut avoir sa part des deux cent mille écus promis au Maréchal de la Force. — Mauvaise querelle qu'il lui fait. — Le Prince de Condé se charge de la réconciliation. — Difficultés qui s'y rencontrent.

— Condé donne raison à la Force, et réussit à lui faire revoir M. de Théobon.

En ces entrefaites , il arriva des choses qu'il est *«»•

1622, nécessaire de représenter, c'est que monsieur de Théobon donne de l'ombrage à ceux de Sainte-Foi, lesquels ont connoissance qu'il avoit toujours des gens à lui auprès de monsieur d'Elbœuf, et même qu'il avoit envoyé vers monsieur le Prince, et en quelque façon découvert que son intention étoit de mettre la ville entre les mains du Roi ou de lui faciliter les moyens de s'en rendre le maitre. Ainsi ceux de Sainte-Foi avoient donc envie de faire un mauvais parti à monsieur de Théobon, ce qu'ils eussent exécuté sans l'empêchement que monsieur de la Force y apporta; il fut contraint néanmoins de sortir de la ville, de quoi il ne témoigna pas être fort marri; car ayant déjà fait un traité à Clairac avec monsieur de Lusignan, il en avoit commencé un autre avec monsieur le Prince, et étant sorti de Clairac, il tenoit la campagne, ayant avec lui quelque petit nombre tant de cavalerie que d'infanterie, et un gentilhomme et un garde de monsieur le Prince, sur la parole duquel il étoit.

On donna avis en même temps à monsieur le Marquis de la Force que s'il pou voit se rendre à Cadenac avec quelque petit nombre de ses amis, qu'on le meltroit dans Cadenac, nonobstant que monsieur de Sully y fut déjà; comme cette place étoit des meilleures et peu éloignée de Montauban,

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