‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 187 sur 233 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

sa possession pouvoit beaucoup fortifier le parti de 16Mceux de la Religion; aussi monsieur de la Force nonobstant le dessein qu'il pouvoit avoir pour le Marquis de la Force, jugea à propos qu'il s'y en allât. Monsieur d'Eymet avoit été également obligé de s'en retourner à Saint-Antonin dont il étoit Gouverneur, avec ceux qu'il avoit amenés de là.

A oici que de nouveau monsieur de la Force est sollicité d'entendre à un accommodement et traité de paix; pour cet effet, monsieur de la Ville-aux- Clercs, Secrétaire d'État, et ancien ami de la Maison de Caumont, s'étoit avancé jusqu'à la Beuze, et l'engage d'y vouloir aller avec les sûretés requises. Monsieur de la Force s'y achemine donc. Je ne vous dirai point les artifices dont on se servit pour l'intimider et lui faire voir qu'il n'y avoit plus de ressources pour lui, qu'il ne pouvoit éviter de tomber entre les mains du R.oi, et d'un autre côté, les avantages qui lui en pourroient revenir, et les récompenses qu'il en pouvoit espérer. D'abord, comme je l'ai dit, on lui proposoit de traiter pour lui et sa Maison, mais c'est ce qu'il rejeta avec tant de hardiesse et de résolution que monsieur de la Ville-aux- Clercs vit bien que de ce côté-là, il n'y gagneroit rien ; si bien qu'ensuite il lui proposa de traiter pour lui et pour Sainte-Foi seulement, mais

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1622. d'abandonner tout le reste; or c'est à quoi il le trouva encore plus ferme et plus résolu, monsieur de la Force disant qu'il ne vouloit traiter que conjointement avec le parti de la Religion, proposant pour cet effet d'envoyer vers l'Assemblée de la Rochelle, vers monsieur de Rohan et vers les principaux de la Religion. Vous devez croire aussi que du côté de la Cour on rejetoit bien loin ces propositions, et qu'on ne manquoit pas de raisons à y opposer, ainsi durant trois jours que monsieur de la Force alloit et venoit, ils furent en contestation, néanmoins sans rompre le traité.

Or, avant de passer outre, il est nécessaire de dire encore que monsieur de la Force, nonobstant toute la connoissance qu'il avoit des menées de monsieur de Théobon, ne laissa pas d'envoyer vers lui pour le convier à vouloir être du traité qu'il faisoit avec monsieur de laVille-aux-Clercs, et lui écrivit qu'il ne vouloit rien conclure sans sa participation et assistance, ensuite il lui dépêcha encore un gentilhomme pour l'y engager. Monsieur de Théobon se moqua toujours de tout cela et n'y voulut pas venir, croyant que seul et avec monsieur le Prince il feroit mieux sa condition que non pas avec monsieur de la Force; et il est important de représenter ces particularités pour la justification de

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