CHAPITRE II
SOMMAIRE
Synode de la Basse-Guyenne à Bergerac. — Pardaillan réunit une Assemblée schismatique à Sainte-Foi. — Les députés de la Rochelle se rendent à Bergerac. — Ils apportent les nominations des Chefs avec les Commissions pour lever des troupes. — M. de la Force Général de la province. — M. de Pardaillan Lieutenant- Général. — 11 refuse, méconnott le Synode de Bergerac, et désobéit à l'Assemblée de la Rochelle. — Rohan tente vainement de le réconcilier avec M. de la Force, qui lui propose le commandement du Bas-Agénois. — Siège de Saint-Jean-d'Angely.— Mort de Hautefontaine. — La garnison corrompue, Soubise est contraint à capituler. — Le Marquis de Châteaupeuf rend Pons au Roi. — Pardaillan envoie Malleret offrir à S. M. de lui livrer Sainte-Foi et Bergerac. — La Force nomme le sieur de Panissault son Lieutenant-Général. — Les habitants de Bergerac appellent à leur secours M. de la Force. — 11 fait travailler à leurs fortifications. — Nouvelles pratiques de Pardaillan. — Trahisons et manœuvres de Panissault à Berger, c. — Le Maire et l'un des Baillifs, ses complices. — Arrivée du Roi à Coutras. — Résolution des bourgeois de Bergerac. — Ils jurent de se bien défendre. — L'approche du Roi les fait changer subitement. — Inutiles efforts de M. de la Force pour les ramener. — Assez puissant pour les contraindre, il se détermine à se retirer. — Panissault avertit le Roi qu'il peut le faire saisir à son passage. — La Force quitte Bergerac avec toute sa famille, et déjoue cette perfidie. — Consternation des habitants. — La Force se rend à Monflanquin. — Le Marquis de la Force va à Clairac. — M. de la Force, avec les sieurs de Castelnaut et de Tonneins, s'arrête à Tournon. —Dangers qu'il court pour arriver à Caussade. — Le Marquis de la Force ne pouvant décider les habitants de Clairac à soutenir un siège, rejoint le sieur d'Eymet à Tonneins-dessus. — Ils échouent également
Mai.
par la défection du Gouverneur de Tonneins-dessous. — Le Roi s'achemine à Sainte Toi et à Bergerac. — Reddition de Xe'rac. — Le Comte de Bourgfranc va trouver M. delà Force à Caussade. — Il cherche à lui interdire l'entrée de Montauban. — Mauvais procédés des habitants à l'égard de M. de la Force, qui ressent uvement cette nouvelle disgrâce.
i«2i. Quelques jours après son arrivée à Bergerac, monsieur de Caslelnaut avoit donné connoissance qu'au premier jour l'Assemblée générale enverroit des députés, lesquels porteroient la nomination de ceux qui dévoient commander dans les provinces, avec des Commissions1 pour faire des levées de gens de guerre; le Synode de la Basse-Guyenne fut convoqué à Bergerac, où la plus grande partie de ceux de la Religion et des principaux se trouvèrent, hormis quelques-uns sur qui monsieur de Pardaillan avoit du crédit, et qu'il obligea au contraire de se rendre à Sainte-Foi, poussé par son ambition et par ce moyen faisant un schisme et une division qui causa bien du mal, tant dans la province
1 Les Commissions de l'Assemblée de la Rochelle pour lever des gens de guerre ou pour les ( I mplois civils, étaient scellées
d'un grand Keau de cire rouge( sur lequel on voyait un ange tenant d'une main un livre l'Évangile , <•! appuyé de l'autre sur une croix;
uni femme nue était a ses pieds, oht cette légende : Pro Clirislo et Iieyc.