CHAPITRE II
qu'ailleurs , et qui fut la principale cause de la «»« ruine d'icelle.
Voilà que monsieur de Veilles ' et un Pasteur , députés de l'Assemblée générale , arrivent à Bergerac portant les Commissions susdites , lesquels furent reçus le mieux qu'ils eussent pu désirer, et trouvèrent tout le Synode très-disposé à suivre les ordres de messieurs de la Rochelle.
Et après avoir donné la Commission de Général à monsieur de la Force en présence de tous, outre la lettre qu'il en reçut, ils lui dirent encore qu'ils étoient chargés par l'Assemblée de lui témoigner les ressentiments qu'elle éprouvoit du mauvais traitement qui lui avoit été fait en Béarn , et du préjudice que toutes les Églises en recevoient , le priant de croire qu'elle l'auroit toujours en grande considération, et embrasseroit avec afïeclion tous ses intérêts, s'assurant aussi qu'il continuera à témoigner son zèle et affection à la gloire de Dieu, et
1 II était Gentilhomme et frère du Baron de Veilhae. Au commencement de l'année, il avait été député de Montauban à la Rochelle ; il reçut un commandement durant le siège de cette ville; mais trahissant ses concitoyens, il passa dans le camp du Roi, et contribua, par la connaissance qu'il avait des localités, à diriger les travaux des assiégeants. Il ne tarda pas à être puni de ses perfidies, car en 1622, ayant voulu livrer un bastion de Montauban au Duc de Vendôme, il fut tué d'une mousquetade dans une rencontre de nuit, par des soldats de la ville qui escortaient un convoi de blé.
i62i. pour le maintien de ses Églises grandement persécutées, le priant de vouloir mettre dans la province l'ordre qu'il jugera nécessaire pour la conserver.
Mais ils furent bien étonnés d'apprendre la division que monsieur de Pardaillan causoit; ils se disposèrent à l'aller trouver à Sainte-Foi, et lui portèrent la Commission de Lieutenant Général dans la province, pour lui représenter combien la dissention pouvoit être préjudiciable, non-seulement à la Bassc-G u venue, mais généralement à tous ceux de la Religion en France. Il voulurent lui persuader de venir à Bergerac avec tous ceux qu'il avoit assemblés là, mais ils le trouvèrent fort obstiné et bien éloigné d'accorder ce qu'on lui demandoit, témoignant non-seulement de se vouloir désunir de monsieur de la Force, comme aussi des résolutions qui avoient été prises au Synode de Bergerac, mais même de celle de l'Assemblée de la Rocbelle, et il refusa la ebar^e de Lieutenant Général qu'elle lui avoit envoyée, poussé à cela, tant parle sieur de Panissault par les avis duquel il se gouvernoit, que par le lieutenant général de Bergerac, nommé Gharon, et par les sieurs de Malleret ri vie Penchât.
Il arriva encore qu'en ce temps-là monsieur de Rohan qui avoit été nommé Général en Languedoc,