‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 59 sur 233 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

SOMMAIRE

Les assiégeants pointent leurs canons sur la maison de M. d'AHiez. — Un boulet emporte le chevet du lit où M. de la Force avoit couché la veille. — M. de Castelnaut se retranche à l'aide de barriques dans les cornes de Montmirat. — Ardeur des femmes au travail. — Distribution des quartiers de l'armée royale.— Mayenne, après s'être emparé des dehors de Yille-Bourbon , ouvre la tranchée et place ses batteries. — Sauvage, ancien lieutenant de Castelnaut, se jette dans Montauban. — Lendresse , gentilhomme béarnois, envoyé vers M. de la Force. — Travaux et zèle de Castelnaut aux cornes de Montmirat. — Il y passe six semaines logé dans une cuve. — Adresse d'un arquebusier écossois. — Les assiégeants démasquent une batterie de dix canons contre Montmirat. — Ils renversent l'enceinte des cornes. — Le feu prend à leurs poudres. — Cet incident sauve la ville. — Les assiégés réparent leurs fortifications. — Singulier effet d'un coup de canon. — Nouvelle batterie à trente pas des cornes. — Brèche à la courtine. — Efforts des habitants et surtout des femmes pour y remédier. — Entremetteurs et solliciteurs de la part du Roi. — Négociations avec le Connétable et M. de Rohan. — Entrevue proposée à Villemur avec Sully, Lesdiguières et Rohan. — Secours promis par ce dernier. — Bonne conduite de M. d'Eymet. — Les Montalbanois refusent un traité particulier.— Pratiques de Sauvage avec le Comte de Bourgfranc et quelques autres. — Ils s'entendent pour livrer la ville au Roi. — Les Royaux préparent une nouvelle batterie. — Castelnaut fait renverser leurs gabions. — Intrépidité de du Rouzier, gentilhomme poitevin. — Arrestation de Sauvage. — Bourgfranc veut faire raser la tour du pont. — Le sieur de la Force s'y oppose. — Le Consul Dupuy sonde Castelnaut au sujet de Sauvage, et le prie de le voir. — Castelnaut, indigné, s'y refuse. — Sauvage avoue sa trahison, et meurt sur le gibet, après s'être repenti.

Voici donc d'un côté, l'armée du Roi victorieuse, enflée du bon succès qu'elle a eu jusqu'ici, et qui

Août.

i62i. se rafraichissoit partout augmentant tous les jours en nombre d'hommes; et de l'autre côté, Montauban situé au milieu de diverses villes et provinces qui donnoient toute la facilité qu'ils eussent pu souhaiter pour pouvoir promptement venir à bout de leurs desseins ; mais l'issue fera voir que Dieu n'abandonne jamais les siens aux efforts des puissances, et qu'il emploie ceux qu'il lui plaît pour maintenir sa gloire et conserver son peuple tant à la confusion de ceux qui l'avoient abandonné que de ceux qui pourchassoient leur ruine.

Comme il a élé dit ci -dessus, monsieur de la Force étoit logé cbez monsieur d'Alliez au logis qu'on avoit accoutumé de donner au Roi lorsqu'il venoit visiter Montauban ; c'éloit un lieu élevé au respect des autres maisons de ce quartier- là, mais dès que les approches furent faites et pour être plus près des lieux auxquels il pourroit servir, ainsi que de monsieur de Castelnaut, il avoit changé de logement, et s'étoit mis dans un jeu de paume qui appartenoit aussi à monsieur d'Alliez au quartier de Montmirat, et je dis ceci parce que l'artillerie n'est pas sitôt arrivée que son premier essai fut contre cette maison. Ce qui est encore remarquable, c'est que si monsieur de la Force y fût demeuré, et nommément qu'il se fût trouvé au lit comme ses

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