CHAPITRE III
pensée, d'abord le peu de résistance que le Roi 1621avoit trouvée aux villes qu'il avoit attaquées; ensuite les intelligences qu'il avoit avec un de ceux qui avoient un des premiers commandements, et l'espérance de continuer ces pratiques qui lui avoient si bien réussi aux autres occasions ; enfin parce qu'il n'y avoit nulle place au voisinage de Montauban qui pût favoriser les assiégés en quoi que ce soit, et qu'au contraire il s'en trouvoit plusieurs dont l'armée du Roi pouvoit non-seulement recevoir de l'assistance, mais qui prodigalisoient tout ce qu'ils avoient par un désir excessif de voir bientôt la ruine de ce lieu-là, croyant aussi qu'après cela, rien ne résisteroit plus et qu'ainsi on verroit prochainement une proscription générale contre ceux de la Religion; mais celui qui dispose de toutes choses en avoit ordonné autrement.
Presque toutes les personnes de condition et autres de la Religion en France, ayant déjà fléchi, et plusieurs s' étant même rendus auprès du Roi, témoignoient dans ce rencontre non-seulement le peu de soin qu'ils avoient de leur réputation et de leur honneur, mais ce qui étoit bien pis, le peu de zèle qu'ils avoient pour leur religion, et que leur conservation leur étoit bien plus chère que la gloire de Dieu et celle de ses Églises. Au lieu de prendre le
août
,r2U sac et la cendre, et témoigner leur repentance, de demander pardon à Dieu de leur infirmité, et le requérir avec larmes et supplications d'avoir pitié de son pauvre peuple, il sembloit qu'ils vinssent pour être les spectateurs de la ruine de leurs frères et se réjouir de leur malheur.
Ainsi on peut dire que les avantages qu'on a remportés sur ceux de la Religion l'ont été plutôt par les pratiques et menées desquelles on s'est servi, et par la lâcheté et perfidie de ceux de ce parti, les uns poussés par l'ambition de s'agrandir, les autres de s'enrichir , que par la force des armes ; mais Dieu se sert de ces moyens quand il nous veut punir.