‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 2)Chapitre 61 sur 233 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

du Roi, étoit sous le commandement du Conné- 1621table de Luynes1, qui pourtant n'y fut jamais, mais qui avoit en sa place les Maréchaux de Praslin et de Chaumes avec le régiment des Gardes et ceux de Piémont, Normandie, Chappes et la plupart des Suisses.

A Ville-Bourbon se trouvoit le Duc de Mayenne avec plusieurs régiments.

Le quartier du Moustier étoit sous le commandement du Prince de Joinville, assisté du Maréchal de Saint-Géran et des régiments de Picardie, Navarre, Champagne et autres.

Ces deux ou trois premiers jours, l'occupation des assiégeants fut à camper et à fortifier leur campement; celle des assiégés, à réparer leurs vieilles fortifications, à faire de nouveaux travaux et à tâcher de les mettre en état.

Une des premières attaques fut aux masures d'un des faubourgs de Ville-Bourbon , duquel les gens de monsieur de Mayenne avoient commencé de se saisir ; ceux de Ville-Bourbon les ayant chargés, le leur firent abandonner, mais cela n'empê-

1 Le chirurgien de Luynes écrivait à sa femme pendant le siège de Montauban : Sachez que je ne cours aucun hasard, monseigneur le Connétable me fesant l'honneur de m! affectionner et de me tenir toujours auprès de sa personne.

i62i. cha pas aussi qu'ils ne se retranchassent, quoiqu'à diverses reprises l'escarmouche y durât durant deux jours, hien que sans grande perte. Le Duc de Mayenne s'étant saisi de quelques maisons abandonnées, fit charger le lendemain ceux qui étoient dans les masures de l'autre faubourg, qui les quittèrent, et il s'y logea. Ainsi il demeura maître de tous les dehors et ne travailla plus qu'à ouvrir la tranchée et à ruiner et abattre avec son artillerie les défenses des bastions de Ville-Bourbon; à quoi il n'eut pas toute la facilité qu'il s'éloit promise, par le grand soin et diligence que ceux du dedans apportèrent à réparer les brèches et de remplir de fumier les lieux où il éloit nécessaire; et on plaçoit de petites pièces partout où l'on jugeoit que l'on pou voit faire quelque effet : ainsi il en fut mis quelques-unes sur la tour du pont qui dans le commencement firent quelque chose, mais finalement aussi on rendit cette batterie inutile.

Kl quelques jours avant et depuis le siège commencé, plusieurs particuliers se jetèrent dans Montauban, la plupart de la Basse-Guyenne et desquels ceux de Montauban n'ayant nulle connoissance ci ne sachant s'ils avoient sujet de croire qu'ils y venaient ii bonne intention et avec désir de les servir, s'adressoient volontiers à monsieur de Castelnaut,

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